‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 473 sur 593 · ACTE IV, SCÈNE III. S · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III. S

Que, vous autres messieurs, vous vous mettez en tête; Qu’elle a du sens commun pour se connoitre à tout;

Que chez elle on se peut former quelque bon goût,

Et que l’esprit du monde y vaut, sans flatterie.

Tout le savoir obscur de la pédanterie.

TRISSOTIN

De son bon goût, monsieur, nous voyons les effets.

Où voyez-vous, monsieur, qu’elle l’ait si mauvais?

TRISSOTIN

Ce que je vois, monsieur? C’est que pour la science Rasius et Baldus font honneur à la France;

Et que tout leur mérite, exposé fort au jour.

N’attire point les yeux et les dons de la cour. .

CLITANDRE

Je vois votre chagrin, et que, par modestie.

Vous ne vous mettez point, monsieur, de la partie ;

Et, pour ne vous point mettre aussi dans le propos.

Que font-ils pour l’État, vos habiles héros?

Qu’est-ce que leurs écrits lui rendent de service.

Pour accuser la cour d’une horrible injustice.

Et se plaindre en tous lieux que sur leurs doctes noms Elle manque à verser la faveur (Je ses dons?

Leur savoir à la France est beaucoup nécessaire!

Et des livres qu’ils font la cour a bien affaire!

Il semble à trois gredins, dans leur petit cerveau.

Que pour être imprimés et reliés en veau,

Les voilà dans l’État d’importantes personnes ;

Qu^avec leur plume ils font les destins des couronnes ;

Qu’au moindre petit bruit de leurs productions.

Ils doivent voir chez eux voler les pensions ;

Que sur eux l’univers a la vue attachée;

Que partout de leur nom la gloire est, épanchée;

Et qu’en science ils sont des prodiges fameux J our savoir ce qu’ont dit les autres avant eux 1 our avoir eu trente ans des yeux et des oreilles, leur avoir employé neuf ou dix mille veilles A se bien barbouiller de grec et de latin.

Et se charger l’esprit d’un ténébreux butin De tous les vieux fatras qui traînent dans les livres.

ECUS qui de leur savoir paroisseul toujours ivres;

LES FEMMES SAVANTES

Riches, pour tout mérite, en babil importun ;

Inhabiles à tout, vides de sens commun,

Et pleins d’un ridicule et d’une impertinence A décrier partout l’esprit et la science.

PlllLAMINTE.

Votre chaleur est grande ; et cet emportement De la nature en vous marque le mouvement.

C’est te nom de rival qui dans votre amc excite*!...

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