‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 513 sur 593 · SCÈNE VII. - ARGAN, BELINE, TOINETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE VII. - ARGAN, BELINE, TOINETTE

•Madame.

TOINETTE

BÉLINE.

Pourquoi donc est-ce que vous mettez mon mari en colère?

T01?sETTEj d'un ton doucereux.

Moi, madame? Hélas! je ne sais pas ce que vous me voulez dire, et je ne songe qu’à complaire à monsieur en toutes choses.

Ah! la traîtresse!

ARGAN

TOINETTE

Il nous a dit qu’il voulait donner sa fille en mariage au

LE MALADE IMAGINAIRE

fils de monsieur Diafoirus : je lui ai répondu que je trouvois le parti avantageux pour elle, mais que je croyois qu’il feroit mieux de la mettre dans un couvent.

BÉLINE.

Il n’y a pas grand mal à cela, et je trouve qu’elle a raison.

AUCAN.

Ah ! m’amour, vous la croyez ? C’est une scélérate ; elle m’a dit cent insolences.

BÉLITNE.

Hé bien! je vous crois, mon ami. Là, remettez-vous. Ecoutez, Toinette : si vous fâchez jamais mon mari, je vous mettrai dehors. Çà, donnez-moi son manteau fourré et des oreillers, que je l’accommode dans sa chaise. Vous voilà je ne sais comment. Enfoncez bien votre bonnet jusque sur vos oreilles : il n’y a rien qui enrhume tant que de prendre l’air par les oreilles*.

ARCAN

Ah ! ma mie, que je vous suis obligé de tous les soins que vous prenez de moi !

RÉLINE, accommodant les oreillers qu’ello met autour d’Argan.

Levez-vous, que je mette ceci sous vous. Mettons celui-ci pour vous appuyer, et celui-là de l’autre côté. Mettons celui-ci derrière votre dos, et cet antrc-là pour soutenir votre tête.

TOINETTE, lui menant rudement un oreiller sur la tête

Et celui-ci pour vous garder du serein.

ARCAN, se levant en colère, et jclant ses oreillers à Toinette, qui s’enriiil.

Ah! coquine, tu veux m’étouffer!

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