‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 538 sur 593 · acte II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

acte II, SCÈNE VI

MONSIEUR UIAFOIUUS.

Au loste, pour ce qui est des qualités requises pour le mariage et la propagation, je vous assure que, selon les règles de nos docteurs, il est tel qu’on le peut souhaiter ; qu'il possède eu un degré louable la vertu prolifique, et qu’il est du tempérament qu’il faut pour engendrer et procréer des enfants bien conditionnés.

ARCAN

N’cst-ce pas votre intention, monsieur, de le pousser a la cour, et d’y ménager pour lui une charge de médecin?

MONSIEUR DIAEOIRUS.

A Aous eu parler franchement, notre métier auprès des grands ne m’a jamais paru agréable; et j’ai toujours trouve qu’il valoit mieux pour nous autres demeurer au public. Le public est commode. Vous n’avez à répondre de vos actions à personne; et, poursu que l’on suive le courant des règles de l’art, on ne se mét point en peine de tout ce qui peut arriver. Mais ce qu’il y a de fâcheux auprès des grands, c’est que, quand ils viennent à être malades, ils veulent absolument que leurs médecins les guérissent.

ÏOINETTE.

Cela est plaisant! et ils sont bien impertinents de vouloir que, vous autres messieurs, vous les guérissiez ! Vous n’ètes point auprès d’eux pour cela; vous n’y êtes que pour recevoir vos pensions et leur ordonner des remèdes; c’est à eux à guérir s’ils peuvent.

MONSIEUR DIAEOIRUS. /

Cela est vrai. On n’est obligé qu’à traiter les gens dans les formes.

ARGAN, à Cléanlc.

Monsieur, faites un peu chanter ma fille devant la compagnie.

CLÉANTE

J’attendois vos ordres, monsieur; et il m’est venu en pensée, pour divertir la compagnie, de chanter avec mademoiselle une scène d’un petit opéra qu’on a fait depuis peu. (A Angélique, lui donnant un papier.) Tenez, voilà votre partie.

ANGÉLIQUE

Moi?

GLUANTE, bas, à Angélique.

Ne vous défendez point, s’il vous plaît, et me laissez vous m. 54

Li: MAI.ADE 1MA(;1NAI1U!;.

faire eompreiKlrc ce que c’est que la scène que nous devons chanter. (Hüui.) Je, n’ai pas une voix à chauler; mais ici il suffit que je me fasse entendre; et l’on aura la bonté de m'excuser, par la nécessité où je me trouve de faire chanter mademoiselle'.

Les vers en sont-ils beaux?

r.I.lCANïE.

C’est proprement ici un petit opéra impromptu ; et vous n’alle/. entendre chanter que de la prose cadencée, ou des manières de vers libres, tels que la passion et la nécessité peuvent faire trouvera deux personnes qui disent les choses d’eux-inêmes, et parlent sur-le-champ.

ARGAN

Fort bien. Écoutons.

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