SUR LA MORT DE SON FILS
Aux larmes, Le Vayer, laisse tes yeux ouverts :
Ton deuil est raisonnable, encor qu’il soit extrême; Et , lorsque pour toujours on perd ce que tu perds ,
La Sagesse , crois-moi , peut pleurer elle-même.
On se propose à tort cent préceptes divers
Pour vouloir d’un œil sec voir mourir ce qu’on aime;
L’effort en est barbare aux yeux de l’univers ,
Et c’est brutalité plus que vertu suprême.
On sait bien que les pleurs ne ramèneront pas Ce cher fils que t’enlève un imprévu trépas ;
Mais la perte , par là , n’en est pas moins cruelle.
Ses vertus de chacun le faisoient révérer ;
11 avoit le cœur grand , l’esprit beau , l’ame belle ;
Et ce sont des sujets à toujours le pleurer.
' Ce sonnet et la lettre qui l'accnmpa^ne ont ëlc découverts dans les volumineux manuscrits de Coiirart, le premier secrétaire perpétuel do l'Academie française, par M. de Monmerqiiê, conseiller à la Cour royale de Paris. Les huit premiers vers de ce sonnet se retrouvent en partie dans Psyché, acte II, scène l.
(Auger.)
POÉSIES DIVERSES