‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 591 sur 593 · SUR LA MORT DE SON FILS · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE SON FILS

Aux larmes, Le Vayer, laisse tes yeux ouverts :

Ton deuil est raisonnable, encor qu’il soit extrême; Et , lorsque pour toujours on perd ce que tu perds ,

La Sagesse , crois-moi , peut pleurer elle-même.

On se propose à tort cent préceptes divers

Pour vouloir d’un œil sec voir mourir ce qu’on aime;

L’effort en est barbare aux yeux de l’univers ,

Et c’est brutalité plus que vertu suprême.

On sait bien que les pleurs ne ramèneront pas Ce cher fils que t’enlève un imprévu trépas ;

Mais la perte , par là , n’en est pas moins cruelle.

Ses vertus de chacun le faisoient révérer ;

11 avoit le cœur grand , l’esprit beau , l’ame belle ;

Et ce sont des sujets à toujours le pleurer.

' Ce sonnet et la lettre qui l'accnmpa^ne ont ëlc découverts dans les volumineux manuscrits de Coiirart, le premier secrétaire perpétuel do l'Academie française, par M. de Monmerqiiê, conseiller à la Cour royale de Paris. Les huit premiers vers de ce sonnet se retrouvent en partie dans Psyché, acte II, scène l.

(Auger.)

POÉSIES DIVERSES

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