‹ Œuvres complètes de MolièreChapitre 7 sur 593 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

traître dont les yeux maudits assiègent toutes mes actions , dévorent ce que je possède , et furètent de tous côtés pour voir s’il n’y a rien à voler*.

LA FLÈCHE

Comment diantre voulez-vous qu’on fasse pour vous voler? Êtes-vous un homme volable, quand vous renfermez toutes choses, et faites sentinelle jour et nuit?

HARPAGON

Je veux renfermer ce que bon me semble , et faire sentinelle comme il me plaît. Ne voilà pas de mes mouchards , qui prennent garde à ce qu’on fait? (Bas, à pan.) Je tremble* qu’il n’ait soupçonné quelque chose de mon argent. (Haut.) Ne serois-tu point un homme à * faire courir le bruit que j’ai chez moi de l’argent caché?

LA FLÈCHE

Vous avez de l’argent caché ?

Non, coquin, je ne dis pas cela. (Bas.) J’enrage. (Haut.) Je demande si, malicieusement, tu n’irois point faire courir le bruit que j’en ai.

LA FLÈCHE

^ Hé ! que nous importe que vous en ayez , ou que vous n en ayez pas, si c’est pour nous la même chose ?

HARPAGON , levant la main pour (tonner un sourflet à La Flèche.

Tu fais le raisonneur! Je te baillerai de ce raisonnement-ci par les oreilles. Sors d’ici, encore une fois.

LA FLÈCHE

lié bien ! je sors.

HARPAGON

Attends : ne m’emportes-tu rien?

LA FLÈCHE

Que vous emporlerois-je ?

harpagon.

Viens, \iens çà, que je voie. Montre-moi tes mains 3.

LA FLÈCHE

Ees voilà.

* Dan» Plaute, l’Avare dit à une vieille esclave,

Circumipcclalrix cuni ociili» cmissilii»?

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