‹ Œuvres complètes de Molière. Éd. variorum collationnée sur les meilleurs textes précédée d'un précis de l'histoire du théatre en France ... de la biographie de Molière ... accompagnée de notices historiques et littéraires sur chaque comédie de MolièreChapitre 180 sur 479 · II · texte numérisé non relu

II

Non, je tombe d'accord de iout ce qu'il vous plaît :

Tout marche par cabale et par pur intérêt;

Ce n'est plus que la ruse aujouwdlmi qui l'emporte^

Et les hommes devroieat être faits d'autre sorte.

Mais est-ce une raison que leur peu d'équité,

Pour vouloir se tirer de leur société?

Tous ces défauts humains nous donnent, dans la vie,

Des moyens d'exercer notre philosophie :

Cest le plus bel emploi que trouve la vertu ;

Et, si de probité tout étoit revêtu.

Si tous les cœurs éloient francs, justes, et dociles,

La plupart des vertus nous seroient inutiles,

Puisqu'on en met Tusage à pouvoir sans ennui

Supporter dans nos droits Tinjustice d'autrui ;

Et, de même qu'un cœur d'une vertu profonde...

Je sais que vous parlez, monsieur, le mieux du monde ; En beaux raisonnements vous abondez toujours; Mais vous perdez le temps et tous vos beaux diseours. La raison, pour mon bien, veut que je me retire : Je n'ai point sur ma langue un assez grand empire ; De ce que je diroîs je ne répondrois pas, Et je me jetterois cent choses sur les bras. Laissez-moi, sans dispute, attendre Célimèue. Il faut quelle consente au dessein qui m'amène; Je vais voir si son cœur a de l'amour pour moi; Et c'est ce moment-ci qui doit m'en faire foi.

PBIL1NTE.

Moulons chez Élianle, attendant sa venue.

Non : de trop de souci je me sens Tame émue.

Âllcz-\ous-en la voir, et me laissez enfin

Dans ce petit coin sombre avec mon noir chagrin.

PIIILINTE.

C'est une compagnie étrange pour attendre; Et je vais obliger Ëliantc à descendre.

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