SCÈNE VI. — LUCINDE, GÉRONTE, SGANARELLE, VALÈRE, LUCAS, JACQUELINE
SGANARELLE
Est-ce là la malade?
GERONTE.
Oui. Je n'ai qu'elle de fille ; et j'aurois tous les regrets du monde si elle venoit à mourir.
SCANARFXLE.
Qu*elle s'en garde bien ! II ne faut pas qu'elle mettre sans Tordonnance du médecin >.
GÉRONTE
Allons, an siège.
SGANARELLE, assis entre Géronteel Lucimie.
Voilà une malade qui n'est pas tant dégoûtante, et je tiens qu'un homme bien sain s'en accommoderait assez.
Vous l'avez fait rire, monsieur.
SGANARELLE
Tant mieux: lorsque le médecin fait rire le malade, c'est le meilleur signe du monde, (à Ludinde.) Hé bien I de quoi est-il question? Qu'avez-vous? quel est le mal que vous sentez?
LUCINDE répond par signes, en portant la main à sa bouche, à sa tèle, et sous son menlnn :
Han, hi, bon, ban.
SGANARELLE
Hél que dites-vous?
LUCINDE continue les miines gestes
Han, hi, hon, han, han, hi, hon.
SGANARELLE
Quoi?
LUCINDr.
Han, hi, hon.
SGANARELLE, la contrefaisant.
Han, hi, hon, han, ha. Je ne vous entends point. Quel diable de langage est-ce là?
GÉRONTE
Monsieur, c'est là sa maladie. Elle est devenue muette, sans que jusques ici on en ait pu savoir la cause; et c'est un accident qui a fait reculer son mariage.
Et pourquoi ?
' Ce passage est lird de la farce du Médecin volant :
G0R6IBUS.
« Monsieur le médecin, j'ai grand' peur qu'elle ne meure.
SGANARELLE
> Ali! qu'elle »'en garde bien! Il ne faut pas qu'elle s'amuse à se laisser > mourir sans l'ordonnance de la médecine. >