SCÈNE II. - CLÉANTE, DORINE
CLÉANTE
Je n'y veux point aller.
De peur qu'elle ne vint encor me quereller; Que celle bonne fenmie...
DORINE
Ah l certes, c'est dommage Qu'elle ne vous ouit tenir un tel langage : Elle vous diroit bien qu'elle vous trouve bon. Et qu'elle n'est point d'âge à lui donner ce nom !
CLÉANTE
Comme elle s'est pour rien contre nous échauffée ! Et que de son Tartuffe elle paroit coiffée!
DORINE
Oh ! vraiment, tout cela n'est rien au prix du fils : Et, si vous Paviez vu, vous diriez : C'est bien pis ! Nos troubles Tavoienl mis sur le pied d'homme s«igo,
* L'exposition vaut seule une p'èce enlièrc : c'cd une espèce d'aclion. L'ohvcrlure de la scène vous Lmusporle sur-le-champ dans rintoiieur d'un ménai-c nù la nianvai^e liiimeur cl \c. habil grondeur d'une vieille reinme, la coniranéié des avis et la mari be du diu'ogue, font ressortir oaturellemfnt lous le» p«-i-sonnages, qui' le spectateur doit connaître sans qu«>. le poêle ait l'air de les lui montrer. Le sol enlêlomcnt d'Orgon pour Tartuiïe, les simagrées de dévoiiou «Ide zèle du faux dévot, le caracièrc tranquille cl réservé d'Elniire, la Tougin; impétueuse de »ou tils Dam s, la saine pliilosopliie de son frère Cléaulo, la gaieté causti(|ue dr Dorine, cl la liberté familière (pie lui donne une longue lia- Itilude de dire Sun avis sur tout, la douceur timido de Hariane, tout ce que Ii suite de la pièce doit développer, lout, jusqu'à l'amour de Tarluflc pour Elmire, est auuuuco dans celte sccoo, qui e»t à la fuis une exposition, nu tableau, imo siiualiiin. 'La Harpe )