X. — Au COKTS DB GUASGOS COLOHBL D'iNFANTERIB
A Francfort.
.... nis.
l'ai été enchanté, monsieur le comte, de recevoir une marque de Totre souyentr par la lettre que m'a envoyée monsieur votre frère. Mme de Tencin et les autres personnes auxquelles j*ai fait Tos complimens me chargent de vous témoigner aussi leur sensi* l>îlité et leur reconnoissance. Je suis (ftohé de ne pouvoir satisfaire votre curiosité touchant les ouvrages de notre amie ; c'est un secret que j'ai promis de ne point révéler.
La confiance dont vous m'honorez exige que je vous parle à cœur ouvert sur ce qui fait le sujet intéressant de votre lettre. Je ne dois point vous cacher que je l'ai communiquée à M. le commandeur de Solar , qui est de vos amis ; et nous nous sommes trouvés d'accord quelles offres que vous fait If. de Belle-Isle pour vous attacher, vous et monsieur votre frère, au service de France, ne sont point acceptables. Après tout le bien que les lettres de M. de La Chétardie lui ont dit de vous , il est inconcevable qu'il ait pu se flatter de vous retenir en vous proposant des grades au-dessous de ceux que vous avez. Je ne sais sur quoi il fonde que Ton ne considère pas tout à fait en France les grades du service étranger comme ceux de nos troupes. Cette maxime ne seroit ni juste ni obligeante, et nous priveroit de fort bons officiers. Je pense que vous avez très- bien fait de ne point vous engager dans son expédition avant que d'avoir de bonnes assurances de la cour sur les conditions qui vous conviennent ; mais , puisqu'il paroît que vous êtes déjà décidé pour le refus, il est inutile de vous présenter ici d'autres réflexions.
Les propositions du ministre de Prusse pour la levée d'un régiment étranger méritent sans doute plus d'attention dès qu'elles peuvent se combiner avec vos finances. Mais il faut calculer pour l'avenir : quelle assurance qu'à la paix le régiment ne soit point réformé? et, en ce cas , quel dédommagement pour les avances que vous seriez obligé de faire? En matière d'intérêt, il faut bien stipuler avec cette cour. Je doute d'ailleurs que le génie italien s'accommode avec l'esprit du service prussien : j'aurois bien des choses à vous dire là-dessus; mais vous êtes trop clairvoyant.
A l'égard des avantages que l'on vous fait entrevoir au service du nouvel empereur, vous êtes plus à portée que moi de juger de leur solidité , et trop sage pour vous laisser éblouir. Pour moi , qui ne suis pas encore bien persuadé de la stabilité du nouveau système politique d'Allemagne, je ne fonderois pas mes espérances sur une for-