XVIII. — Au ICÉMB
Paris, .... 4746.
J*ai lu, docte abbé, votre dissertation avec plaisir; et je suis sûr que je vous mettrai sur la tête un second laurier de mon jardin , si vous êtes à la Brède , comme je l'espère , lorsqu'il vous aura été décerné par l'Académie. Le sujet est beau, vaste, intéressant, et vous l'avez fort bien traité. Je suis bien aise de vous voir, vous, chasser sur mes terres. Il y a deux choses dans votre dissertation que je voudrois que vous éclaircissiez : la première , c'est qu'on pourroit croire que vous mettez Carthage , après la seconde guerre punique, au rang des villes autonomes soumises à l'empire jomain; TOUS savez qu'elle continua d'être un Etat libre et absolument indépendant; la seconde remarque regarde ce que vous dites du titre d^iUuthérie. Vous n'indiquez point de différence entre les villes qui prenoient ce titre et celles qui prenoient celui d'autonomes. Vous n'avez fait que toucher ce point, et il mériteroit d'être édairci.
Vous savez qm'on dispute là-dessus, et que des savans prétendent que Véleuthérie disoit quelque chose de plus que V autonomie. Je TOUS conseille d'examiner un peu la chose, et de faire à ce sujet une addition k yotre dissertation.
J'ai lait faire une berline , afin que je tous mène plus commodément à Clérac, que tous aimez tant. Nous ne disputerons plus sur rusttre\ et tous gagnerez deux heures par jour. Mes prés ont besoin de TOUS. LIËTeillé ne cesse de dire : « Oh I si M. l'abbat étoit icil > Je TOUS promets qu'il sera docile à tos instructions : il fera tant de rigoles que tous Toudrez. Mandez-moi si je puis me flatter que tous prendrez la route de la Garonne, parce qu'en ce cas je profiterai d'une occasion qui se présente pour envoyer directement mon manuscrit à l'imprimeur. Pour tous aToir , je tous dégage de votre parole ; aussi bien l'impression ne doit point en être faite en Hollande , encore moins en Angleterre , qui est une ennemie avec laquelle il ne faut avoir de commerce qu'à coups de canon. Il n'en est pas de même des Piémontois, car il s'en faut bien que nous soyons en guerre avec eux ; ce n'est que par manière d'acquit que nous assiégeons leurs places, et qu'ils prennent prisonniers tant de nos bataillons ' : vous n'avez donc point de raisons de nous quitter ; vous serez toujours reçu comme ami en Guienne. Nous nous piquerons de ne pas céder au Languedoc et à la Provence. Je vous remercie d'avoir parlé de moi al serenissimo, très-flatté qu'il se soit souvenu que j'ai eu l'honneur de lui faire ma cour à Modène. Je tous enverrai mon livre que vous me demandez pour lui. Vous trouverez d-joints les éclaircissemens peu éclaircissans que vous euToie le chapitre de Gomminges. L'abbé, tous êtes bien simple de tous figurer que des gens de chapitre se donnent la peine de faire des recherches littéraires; ce n'est pas moi, c'est mon frère, qui est doyen d'un chapitre, qui tous dit de tous mieux adresser. Que cela ne tous fasse cependant pas suspendre yotre histoire de Clément y : TOUS l'aTez promise à notre Académie. Revenez, et vous y travaillerez plus à l'aise sur le tombeau de ce pape. Je prétends que vous ne laissiez pas l'article de Brunissende ' , car je crains que vous ne soyez trop timoré pour nous en parler; je ne vous demande que de mettre une note. Vos recherches tous feront lire des savans, et un trait de galanterie vous fera lire de ceux qui ne le sont pas. J'ai envoyé votre médaille à Bordeaux, avec ordre de la
4 . L'abbé de Guasco avolt fait un traité sur l'asure , dont les principes étoient contraires à ceax de Montesquieu.
3. Charles-Emmanuel étolt alors en guerre avec la France et l'Espagne.
3. Oément Goût, archevêque de Bordeaux, puis pape sons le nom de Clément V, étoit accusé d'avoir été l'amant de Brunissen&e , comtesae de Périgord.
remettre à M. de Toumi , pour la remettre à M. Tintendant de Languedoc. Mon cher abbé, II y a deux ehoses difBellee, d'attraper la médaille, et que la médaille fous attrape. Adieu; je tous attends, je TOUS désire , et tous embrasse de tout mon ocBur.