XXVI. — Au MÊME
De Paris, ce 30 mai 4747.
Ëtant aussi en Tair que vous , mon cher ami , et prêt à partir pour la Lorraine avec Mme de Mirepoix, j'adresse ma lettre à M. Le Nain. Je ne me suis pas bien expliqué sans doute dans ma lettre. Je lui ai dit qu'il y avoit toutes les apparences que vous seriez de l'Académie , et non pas que vous en étiez. Je ne doute pas que l'on ne vous en accorde la place en vous présentant à Paris après cette seconde victoire. Je crois vous avoir déjà mandé que j'avois remis votre seconde médaille à M. Dalnet de Bordeaux. Gomme M. Dalnet a deux ou trois millions de bien, j'ai cru ne pouvoir pas choisir mieux pour confier votre trésor. Votre lettre m'ayant totalement désorienté , vous voyant des entreprises pour un siècle, et ne sachant d'ailleurs où vous prendre parmi dix ou douze villes que vous me citiez; voyant de plus que dans les lieux où j'étois obligé de m'adresser pour l'impression , à cause de la guerre, vous ne trouveriez pas vos convenances; je me suis servi d'une occasion que j'ai trouvée sous ma main , et j'ai cru que cela vous convenoit plus que de déranger la suite de vos voyages.
Je souhaite plutôt que vous preniez la route de Bordeaux : si vous y êtes l'automne prochaine ou le printemps prochain, je vous y verrai avec un grand plaisir , et j'entends que vous preniez une chambre dans mon hôtel ; mais je ne traiterai pas si familièrement un homme qui a remporté deux triomphes à l'Académie. Adieu , mon cher abbé , je vous embrasse mille fois.
XXVn. — A M. FORMEY , SECRilAIRE PERPÉTUEL DE L* ACADÉMIE