‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 2)Chapitre 171 sur 244 · DES SCIENCES DE BERLIN · texte numérisé non relu

DES SCIENCES DE BERLIN

AParis, les juin 4747.

L'h(mneur infini que l'Académie m'a fait, monsieur, augmente beaucoup par Vidée que c'est de vos mains que je le reçois. Je vous aurai une véritable obligation si vous voulez bien témoigner à l'Académie , et ma sensibilité et ma reconnoissance. J'espère que parmi toutes les marques d'amitié que M. de Maupertuis m'a toujours données , îl voudra bien y ajouter celle de me procurer la vôtre ; et je ne

suis point assez étranger pour ignorer les choses qui doivent me la faire désirer.

Gomme je youdrois fort répondre , autant qu'il est en moi , au choix qu'a fait une Académie que je nommerois illustre si je n'en étois pas membre, et que je ne puis le faire qu'en envoyant quelque ouvrage, j'espère que vous, ou K. de Maupertuis, aurez la bonté de me faire savoir en quel genre je dois envoyer, quoiqu'il n'y en ait qu'un dans lequel je puisse faire quelque chose qui soit digne de vous. Je ne pourrois guère donner que quelques morceaux de belles-lettres, ou quelques petites observations que j'ai faites dans mes voyages. J'ai l'honneur d'être, avec un respect infini, monsieur, etc.

XXYIII.— À L'ABBé DE GUASCO.

De Paris, le 4 7 juillet 4747.

J'ai eu l'honneur de vous mander, mon cher abbé, que votre lettre ne me disant rien que de très-vrai , et ne me parlant que des difficultés que vous trouveriez dans cette affaire , et d'un nombre infini de voyages commencés, projetés ou à achever, j'ai pris le parti d'une occasion très-favorable qui s'est offerte , et qui vous délivre d une grande peine.

Je vous dirai que j'ai jugé à propos de retrancher, quant à présent, le chapitre sur le stathoudérat ; dans les circonstances présentes il auroit peut-être été mal reçu en France ^ et je veux éviter toute occasion de chicane : cela n'empêchera pas que je vous donne dans la suite ce chapitre pour la traduction italienne que vous avez entreprise. Dès que mon livre sera imprimé , j'aurai soin que vous en ayez un des premiers exemplaires ; et vous traduirez plus commodément sur l'imprimé que sur le manuscrit.

J'ai été comblé de bontés et d'honneurs à la cour de Lorraine, et j'ai passé des momens délicieux avec le roi Stanislas. Il y a grande apparence que je serai à Bordeaux avant la fin du mois d'août. En attendant mon retour , vous devriez bien aller trouver Mme de Montesquieu à Clérac. Je ne manquerai pas de vous envoyer les deux exemplaires de la nouvelle édition de mes romans que je vous ai promis pour S. À. S. , et pour M. Le Nain. Adieu; je vous embrasse de tout mon cœur.

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