‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 2)Chapitre 195 sur 244 · Alors ministre des afTairea étrangères · texte numérisé non relu

Alors ministre des afTairea étrangères

ses promesses. Je me trouve trop bien de lui avoir rendu son ami^ tié, pour eu vouloir encore. A quoi bon l'amitié d'un homme en place qui est toujours dans la méfiance, qui ne trouve juste que ce qui est dans son système , qui ne sait jamais faire le plus petit plai sir, ni rendre aucun service? Je me trouverai mieux d'être hors de portée de lui en demander , ni pour les autres ni pour moi , car je serai délivré par là de bien des importunités.

« Dulcis inexpertis cuUara potentis amici : «c Expertus meluit. »

(Hor., Épures, Uv. I, ép. xvin.)

Il faut éviter une coquette qui n'est que coquette , et ne donne que de fausses espérances. Voilà mon dernier mot. Je me flatte que notre duchesse entrera dans mes raisons; son franc alleu n'en sera ni plus ni moins.

Je suis très- flatté du souvenir de M. l'abbé Oliva. Je me rappelle toujours avec délices les momens que je passai dans la société littéraire de cet Italien éclairé , qui a su s'élever au-dessus des préjugés de sa nation. Il ne fallut pas moins que le despotisme et les tracasseries d'un père Toumemine pour me faire quitter une société dont j'aurois voulu profiter. C'est une vraie perte pour les gens de lettres que la dissolution de ces sortes de petites académies libres , et il est fâcheux pour vous que celle du père Desmoletâ soit aussi culbutée. J'exige que vous m'écriviez encore avant votre départ pour Turin, et je vous somme d'une lettre dès que vous y serez arrivé. Adieu.

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