‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 2)Chapitre 20 sur 244 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

qui avoit jauTé tant de citoyens, fut rompue à Rome, et l'on éluda la foi pubbque en envoyant le consul qui l'avoit signée «.

Quelquefois ils traitoient de la paix avec un prince sous des conditions raisonnables; et lorsqu'il les avoit exécutées, ils en ajoutoient de telles qu'il étoit forcé de recommencer la guerre. Ainsi, quand ils se furent fait livrer par Jugurtha seséléphacs, ses chevaux, ses trésors, ses transfuges, ils lui demandèrent de iiTrer sa personne ; chose qui, étant pour un prince le dernier des malheurs, ne peut jamës faire une condition de paix».

Enfin ils jugèrent les rois pour leurs fautes et leurs crimes patticuhers. Us écoutèrent les plaintes de tous ceux qui avoient quelques démêlés arec Philippe ; ils envoyèrent des députés pour pourvoir à leur sûreté; et ils firent accuser Persée devant eux pour quelques meurtres et quelques querelles avec des citove?» des villes alliées.

la mettoit en état d'en entreprendre une autre.

Les peuples qui étoient amis ou alliés se ruinoient tous par les préscns immenses qu'ils faisoient pour conserver la faveur, ou robtenir plus grande ; et la moitié de l'argent qui fut envoyé pour ce sujet aux Romains auroit suffi pour les vaincre».

Maîtres dé l'univers, ils s'en attribuèrent tous les trésors : ravisseurs moins injustes en qualité de conquérans qu'en qualité de législalcurs. Ayant su que Ptolomée, roi de Chypre, avoit des richesses immenses, ils firent une loi, sur la proposition d'un tribun, par laquelle ils se donnèrent l'hérédité d'un homme vivant, et la confiscation d'un prince allié <.

Bientôt la cupidité des particuliers acheva d'enlever ce qui avoit échappé à l'avarice publique. Les magistrats et les gouverneurs vendoient aux rois leurs injustices. Deux compétiteurs se ruinoient à l'envi pour acheter une protection toujours douteuse contre tin mal qui n'étoit pas entièrement épuisé : car on n'avoit pas même cette justice des brigands, qui portent une certaine probité dans

1. Us en agirent de même avec les Samnites, les Lusitaniens et les peuples de Corse. Yoj., sur ces derniers, un fragment du liv. I de

Dion.

S. Os en agirent de même avec Yiriate : après lui avoir fait rendre les tnniltiges, on lui demanda qu'il rendit les armes; à quoi ni lui xA les liens ne purent consentir. {Fragment de Dion.)

3. Les présens que le sénat envoyoit aux rois n'étoient que dés liaga- (elles, comme une chaise et un bftton d'ivoire, ou quelque robe de nagiilnture.

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