‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 2)Chapitre 207 sur 244 · Montesquieu avoit un procès avec le duc d'Aiguillon · texte numérisé non relu

Montesquieu avoit un procès avec le duc d'Aiguillon

dra; et s'il veut ajouter à l'amitié ce qu'il voudra retrancher du prix , il me fera un présent immense : vous pouvez lui mander qu'il pourra le garder tant de temps qu'il voudra, même quinze ans s'il veut; mais il ne faut pas qu'il le mêle avec d'autres vins, et il peut être sûr qu'il l'a immédiatement comme je l'ai reçu de Dieu; il n'est pas passé par les mains des marchands.

Mon cher abbé , à votre retour d'Italie , pourquoi ne passeriezvous pas par Bordeaux, et ne voudriez-vous pas voir vos amis, et le château de la Brède , que j'ai si fort embelÛ depuis que vous ne l'avez vu ? c'est le plus beau lieu champêtre que je connoisse :

« Sunt mihi cœlicols ; sunt estera numina Fauni ! »

Enfîn je jouis de mes prés , pour lesquels vous m'avez tant tourmenté : vos prophéties sont véritables ; le succès est beaucoup au delà de mon attente;, et l'Ëveillé dit : Boudri hen que M. Vahbat de GucLsco vis aco.

J'ai vu la comtesse : elle a fait un mariage déplorable , et je la plains beaucoup. La grande envie d'avoir de l'argent fait qu'on n'en a point. Le chevalier de Gitran a aussi fait un grand mariage dans le môme goût aux îles , qui lui a porté en dot sept barriques de sucre une fois payée». Il est vrai qu'il a fait un voyage aux îles, et qu'il a pensé apparemment crever. Adieu; je vous embrasse de tout mon cœur.

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