‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 2)Chapitre 79 sur 244 · IiReétas, Histoire de Manuel Comnène, liv. I · texte numérisé non relu

IiReétas, Histoire de Manuel Comnène, liv. I

a. Nicétasy Histoire, après la prise de Conslanlinople, chap. m.

iU GRANDEUR ET DÉCADENCE DES ROMAINS.

nouvellement rétablis, et qui craignoient tjwit, vouliirent se cou- Cilier les Génois, en leur accordant la liberté de trafiquer sans payer de droits * ; et les Vénitiens , qui n'acceptèrent point de paix , mais quelques trêves , et qu*on ne voulut pas irriter , n'en payèrent pas non plus.

Quoique avant la prise de Constantînople Manuel Comnène eût laissé tomber la marine, cependant, comme le commerce subsistoit encore, on pouvoit facilement la rétablir; mais quand dans le nouvel empiré onTeut abandonnée, le mal fut sans remèdQ, parce que l'impuissance augmenta toujours.

Cet Etat, qui dominoit sur plusieurs îles, qui étoit partagé par la mer, et qui en étoit environné en tant d'endroits , n'avoit point de vaisseaux pour y naviguer. Les provinces n'eurent plus de communication entre elles ; on obligea les peuples de se réfugier plus avant dans les terres, pour éviter les pirates ; et quand il^ Veurent fait, on leur ordonna de se retirer dans les forteresses , pour sjà sauver des Turcs ^

Les Turcs faisoient pour lors aux Grecs une guerre singulière : ils alloient proprement à la chasse des hommes; ils traversoient quelquefois deux cents lieues de pays pour faire leurs ravages. Gomme ils étoient divisés sous plusieurs sultans , on ne pouvoit pas, par des présens, faire la paix avec tous, et il étoit inutile de la faire avec quelques-uns". Ils s'étoient faits mahométans; elle zèle pour leur religion les engageoit merveilleusement à ravager les terres des chrétiens. D'ailleurs, comme c'étoient les peuples les plus laids de la terre, leurs femmes étoient affreuses comme eux* ; et dès qu'ils eurent vu des Grecques, ils n'en purent souflHr d'autres*. Cela les porta à des enlèvemens continuels. Enfin, ils avoient été de tout temps adonnés aux brigandages; et c'étoient ces mêmes Huns qui avoient autrefois causé tant de maux à l'empire romain.

4, Caiitacuzène,liv. IV. — 8. Pachymôrc, liv. VII.

8. Canlfteuiène, Hv. lU, chap. xevi ; et Pachyinère, liv. XI, chap. n.

4. Gela donna lieu i cette tradition dn nord, rapportée par le Goth Jomandèa, quo Philimer, roi des Goths, entrant dans les terres gétiqnet, y ayant trouvé des femmes sorcières , il les chassa loin de son armée; qu'elles errèrent dans les déserts, où des démons incubes s'accouplèrent avec elles, d'où vint la nation des Huns. « Genns ferocisshnum, qaod « foitprimam inter paludes, minatam, tetmm, atque exile, nec alla vace «e notom, nisl qiuB humant sermonis imaginera assignabàt. »

(. Michel Dncas, HUtoirt de Jean Manuel, Jean et Canetoaim^ ehap. B. Constantin Porpbyrogénète , an commencement de son Extraie des ambassades, avertit que, quand les barbares viennent i Constantînople, les Romains doivent bien se garder de leur montrer la grandeur de lenrs richesses ni la beauté de leurs femmes.

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