Veamnatione^ llv. Il, chap. zxxv. -—3. Thùf., Ilv. II
4. « Hoc reipablica causa constiialum; comitiorum enim non haben- « domm causas esse volaerunt. » {IbidJ)
6. « Piuribus hostiis ciesis, cam litare non posset, introilt curlaio ^ « spreta religione. > {In Juh Cms ^ chap. ucazi.}
DANS LA RELIGION. Ui
Comme les magistrats se trouvoient maîtres des présages, ils avoient on moyen sûr pour détourner le peuple d'une guerre qui auroitété ftmeste, ou pour lui en faire entreprendre une qui auroit pu être utile. Les devins qui suiroient toujours les armées, et qui étoient plutôt les interprètes du général que des dieux, inspiroient de la confiance aux soldats. Si par hasard quelque mauvais présage avdt épouvanté l'armée , un habile général en convertîssoit le sens, et 86 le rendoit favorable : ainsi Scipion , qui tomba en sautant de son TÛsseau sur le rivage d'AfHque, prît de la terre dans ses mains : « Je te tiens, dit41, ô terre d'Afrique! » et par ces mots il rendit heureux un présage qui avoit paru si funeste.
Les Siciliens, s'étant embarqués pour faire quelque expédition en Afrique, lurent si épouvantés d'une éclipse de soleil, qu'ils étolent sur le point d'abandonner leur entreprise ; mais le général leur re> présenta « qu'à la vérité cette éclipse eût été de mauvais augure si elle eût paru avant leur embarquement , mais que , puisqu'elle n'a- Toit paru qu'après, elle ne pouvoît menacer que les Africains. » Par là il fît cesser leur frayeur, et trouva dans un sujet de crainte le moyen d'augmenter leur courage.
César fut averti plusieurs fois par les devins de ne point passer en. Afrique avant l'hiver. Il ne les écouta pas , et prévint par là ses ennemis, qui, sans cette diligence, auroîent eu le temps de réunir leurs forces.
Crassus , pendant un sacrifice , ayant laissé tomber son couteau des mains, on en prit un mauvais augure ; mais il rassura le peuple en lui disant : « Bon courage ! au moins mon épée ne m'est jamais tombée des mains. »
LucuUus étant près de donner bataille à Tigrane, on vint lui dire que c'étoit un jour malheureux. <i Tant mieux, dit-il : nous le rendrons heureux par notre victoire. »
Tarquin le Superbe, voulant établir des jeux en l'honneur de la déesse Mania , consulta l'oracle d'ApoUon, qui répondit obscurément, et dit qu'il falloit sacrifier têtes pour têtes, « çapitibus pro « capitibus supplicandum. » Ce prince, plus cruel encore que superstitieux, fit inunoler des enfans; mais Junius Brutus changea ce sacrifice horrible; car il le fit faire avec des têtes d'ail et de pavot , et par là remplit ou éluda Toracla '.
On coupoit le nœud gardien quand on ne pouvoit pas le délier * ainsi, Claudius Pulcher , voulant donner un combat naval, fit jeter les poulets sacrés à la mer, afin de les faire boire, disoit-il, puisqu'ils ne vouloient pas manger'.
Il est vrai qu'on punissoit quelquefois un général do n'avoir pai