USBEK A
Il y a uùe espace de livres que nous ne coniioissons point en t^erse, et qui me paroissent ici fort à la mode : ce sont les journaux. La paresse se sent flattée en les lisant; on est ravi de pouvoir parcourir trente volumes en un quart d'heure.
Dans la plupart des livres , l'auteur n^a pas fait les cottipliments ordinaires que les lecteurs sont aux abois : il Jés fait entrer à demi morts dans uiie matière noyée au milieu d'une mer de paroles. Celui-ci Yeut s^immortaliser par un iii -douze; 6elui4k| par Un in-quatto ; tin autre , qui a de plus belles inclinations , vise à l'in-folio; il failt donc qu'il étende son sujet a proportion; ce qu^il fait sans pitié , comptant pour rien la peine du pauvre lecteur, qui se tue à réduire ce que l'auteur a pris tant de {)eine k amplifîei'.
Je ne sais , ***, quel mérite il y a à faire de pareils ouvrages : j'en ferois bien autant si je voulois ruiner ma santé et un libraire^
Le grand tort qu'ont les journalistes , c'est qu'ils ne parlent que des livres nouveaux; comme si la vérité étoit jamais nouvelle ! Il me semble que , jusqu'à ce qu'un homme ait lu tous les livres anciens , il n'a aucune raison de leur préférer les nouveaux.
Mais lorsqu'ils s'imposent la loi de ne parler que