TOME IV
5i4 LETTRES PERSANES.
des ouvrages encore tout chauds de la forge , ils s en imposent un autre , qui est d'être très -ennuyeux. Hs n'ont garde de critiquer les livres dont ik font les extraits , quelque raison qu'ils en aient : et, en effet, quel est Thomme assez hardi pour vouloir se fiûre dix ou douze ennemis tous les mois ?
La plupart des auteurs ressemblent aux poètes , qui souffriront une volée de coups de bâton sans se plaindre ; mais qui , peu jaloux de leurs épaules , le sont si fort de leurs ouvrages , qu'ils ne sauroient soutenir la moindre critique. Il faut donc bien se donner de garde de les attaquer par un endroit si sensible ; et les journalistes le savent bien. Ils font donc tout le contraire : ils commencent par louer la matière qui est traitée ; première fadeur : de là Ils passent aux louanges de Tauteur; louanges forcées, car ils ont affaire k des gens qui sont encore en haleine, tout prêts à se faire faire raison, et à fou* droyer a coups de plume un téméraire journaliste. De Paris, le 5 delà Itme de Zilcadé , 1718*