‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 5)Chapitre 106 sur 129 · LETTRE LXXV · texte numérisé non relu

LETTRE LXXV

AU MÊME

Mon cher Chevalier, il y a ici une grande stérilité en fait de nouvelles. Je ne puis vous dire autre chose, si ce n'est que les opéra et comédies de madame de Pompadour vont commencer, et qu'ainsi M. le duc de La Vallière va être un des premiers hommes de son siècle 4 et comme on ne parle ici que de comédies et de bals, Voltaire jouit d'une faveur particulière ; et on prétend que le jour qu'il doit donner son Catilina, au lieu de donner un Catilina^ il donnera une Electre. J'y consens. Adieu, mon cher Chevalier.

De Paris , le 24 novembre 1749-

LETTRE LXXVL

AU MÊME

Vous êtes , mon cher chevalier , mes étemelles amours, et il n'y a en moi d'inconstance que parce que tantôt j'aime votre esprit, tantôt j'aime votre cœur. Quant à ce pays* ci, nous sommes tous. ... Le riche fait pitié , le pauvre fait verser des larmes , et tout cela avec le découragement qu'on a dans une ville assiégée. Pour moi , qui ne connois d'autre bien que l'épaisseur des murs de mon château , j'y reste , je rêve à la Suisse, et je vous aime.

De la Brëde , le premier juin 1751.

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