‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 5)Chapitre 67 sur 129 · AIX · texte numérisé non relu

AIX

/Je vous donne avis, victorieux abbé, que vous avez remporté un second triomphe * à l'Académie. Je n'ai point parlé de votre affaire à madame d'Aiguillon, parce qu'elle est partie pour Bordeaux comme un éclair : elle n'est occupée que clu franc-alleu ; tout doit céder à cela , même ses amis.

Je .vous donne aussi avis qu'au commencement du mois prochain, l'ouvrage en question sera fini de copier. Je suis quasi d'avis de le mettre ùi'Jti; ce que je vous enverrai formera cinq volumes , distingués dans la copie. Ayez la bonté de

* Le sujet du prix propose par rAcadëmie ëtoit d'expliquer en quoi consistoient la nature et t étendue de Tautonoinie dont jouissaient les villes soumises à une puissance

étrangère. ^

me mander où il faut que je vous adresse le paquet. Je compte recevoir votre réponse avant que l'on ait fini : ainsi vous ne devez pas perdre de temps à m'écrire et à me mander où vous serez tout le mois de juin. Je suis bien aise que v^tré santé soit meilleure;, votre esquinancie m'a alarmé. Adieu, mon cher ami.

De Paris , le 4 naai ^747-

LETTRE XXÏV.

AU MÊME

Etant aussi en l'air que vous , mon cher ami , et prêt à partir pour la Lorraine avec madame de Mirepoix , jladresse ma lettre à M. Le Nain. Je ne me suis pas bien expliqué sans doute dans ma lettre. Je lui ai dit qu'il y avoit toutes les apparences que vous seriez de l'Académie , et non pas que vous en étiez. Je ne doute pas que l'on ne vous en accorde la place , en vous présentant à Paris après cette seconde victoire. Je crois vous avoir déjà mandé que j'avois remis votre seconde médaille à M. Dalnet de Bordeaux. Comme M. Dalnet a deux ou trois millions de biens , j'ai cru ne pouvoir pas choisir mieux pour confier votre trésor. Votre lettre m'ayant totalement désorienté , vous voyant des en [reprises pour un siècle, et ne sachant d'ailleurs où vous prendre parmi dix ou douze villes que vous me citie^;

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voyant de plus que, dans les lieux où j'étois obligé de m'adresser pour l'impression , à cause de la guerre, vous ne trouveriez pas vos convenances, je me suis servid'une occasion ' que j'ai trouvée sous ma main , et j'ai cru que cela vous convenoit plus que de déranger la suite de vos voyages. Je souhaite plutôt que vous preniez la route de Bordeaux : ai vous y êtes l'automne prochaine ou le printemps prochain , je vous y verrai avec un grand plaisir, et j'entends que vous preniez tyie chambre dans mon hôtel ; mais je ne traiterai pas si familièrement un homme qui a remporté deux triomphes à l'Académie. Adieu, mon cher abbé; je vous 'embrasse mille fois.

De Paris , le 3o mai 1747-

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