‹ Œuvres complètes de Montesquieu (volume 5)Chapitre 70 sur 129 · LETTRE XXIX · texte numérisé non relu

LETTRE XXIX

A M. DUCLOS , de rAcadémie françoise.

La lettre , Monsieur mon illustre confrère , que vous m'avez écrite en réponse au sujet de l'abbé de Guasco, est si obligeante ', que je ne peux m'empêcherde vous en faire un remercîment. J'ai une grande envie de vous revoir ; mais Helvétius et Saurin vous reyerront plus tôt que moi. J'ai pourtant, depuis quelques jours, brisé bien des chaînes qui me retenoient ici. Les soirées de l'hôtel de Brancas reviennent toujours à ma pensée , et ces soupers qui n'en avoient pas le titre , et où nous nous crevions. Dites, je vous prie, à madame de Rochefort et à M. et M"* de Forcalquier d'avoir quelques bontés pour un homme qui les adore. Vous devriez bien me procurer quelquesunes de ces badineries charmantes de M. de Forcalquier, que nous voyions quelquefois à Paris , et qui ^ortoient de son esprit comme un éclair. Je suis devenu bien sage depuis que je

» Voyez la Lettte XXI , au sujet d'une place â TAcadémie des inscriptions et belles-lettres , que soUicitoit M. Tabbé de Guasco.

ne vous ai vu ; je ne fais et ne ferai absolument rien ; et j'ai pris mon parti de n'avoir plus d'esprit à moi , et de me livrer entièrement à Tagrément de celui des autres. Ne dois -je pas désirer de commencer par M. de Forcalquier ? Adieu, mon très-cher confrère; agréez, je vous prie, mes sentiments pleins d'estime, etc.

De Bordeaux, le i5 août 1748.

Page 1