A BORDEAUX
Je suis bien fâché , mon cher abbé , que vous partiez pour l'Italie ' , et encore plus que vous ne soyez pas content de nous. Je vois pourtant , sur ce qui m'est revenu , qu'on n'a pas pensé à man* quer à la considération qui vous est due si légitimement. Je souhaite bien que vous ayez satisfac* tion dans votre voyage d'Italie, et je souhaiterois bien qu'après ce temps de pèlerinage, vous passassiez dans une plus heureuse transmigrât ion ^ et telle que votre mérite personnel la demande. Si vous pouvez retirer votre dissertation de chez, le président Barbot, qu'il a gardée comme des livres sibyllins , j'en ferai usage ici à votre profit : mais votre lettre ne le fait pas espérer. Faite»,
• Uabbé Venuti , après s*être retiré de Tabba ye de Clërac , avoil fixé son séjour à Bordeaux , attaché à l' Académie des sciences et belles-lettres de cette ville ; inaia l'empereur l'ayant nommé prév^ de Livourue , il fui obligé d'm pa^* |ir ; et son dépaxt fut regardé comme une |;rande perte pour l'Académie, Pendant son séjour à Livoume , il a continué d'enrichir la république des lettres de différentes bonnes dissertations. Le mauvais état de sa santé vient de Fobliger de renoncer à sa place pour se retirer à Cortone dans sa Êimille.
FAMlllÈRES. 355
je vous prie, mes compliments à notre comtesse et à madame Duplessis * . Si vous faites votre voyage entièrement par terre , vous verrez à Tarin le commandeur de Solar, qui y viendara de Rome« Adieu , mon cher abbé : conservez^moi de l'amitié ; et croyez qu'en quelque lieu du monde que je sois , vous aurez un ami fidèle.
De Paris , le i8 mai , 1750.