‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 1041 sur 1159 · A MONCRIF · texte numérisé non relu

A MONCRIF

DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE x.

J ’oubliai d’avoir l’honneur de vous dire, monsieur, que si le sieur Preau 2 , dans l’édition de ce petit roman 3 , allait mettre quelque chose qui, directement pu indirectement , pût faire penser que j’en suis l’auteur, il me désobligerait beaucoup. Je suis, à l’égard des ouvrages qu’on m’a attribués , comme la Fontaine-Martel 4 était pour les ridicules ; on me les donne, mais je ne les prends point. Mille excuses, monsieur, et faites-moi l’honneur de me croire, monsieur, plus que je ne saurais vous dire, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Ce 26 avril 1738.

r>. — A L’ABBÉ VENUTI5 A Clérac.

J’ai reçu, monsieur, la lettre que vous m’avez fait

1 Cette lettre est conservée manuscrite dans Ashridge Collection; Mss. Francis Henry Egerton.

2 Prault, imprimeur-libraire.

3 Le Temple de Gnide.

4 Madame la comtesse de Fontaine-Martel , tille du président Desbordeaux.

5 Ce savant Italien , d’une famille noble de Cortone , «avait été envoyé en France par le chapitre de Saint-Jean-de-Latran, comme vicaire général de l’abbaye de Clérac, que Henri IV con-

l’honneur de m’écrire , avec beaucoup plus de joie que je n’aurais cru, parce que je ne savais pas que M. l’abbé de Clérac, que j’honorais déjà beaucoup, fûtlefrerede M. le chevalier Venuti 1 avec qui j’ai eu le plaisir de contracter amitié à Florence, et qui m’a procuré l’honneur d’une place dans l’académie de Cortone. Je vous supplie, monsieur, d’avoir pour moi les mêmes bontés qu’a eues monsieur votre frère. M. Campagne m’a écrit le beau présent que vous lui avez remis pour moi , dont je vous suis infiniment obligé. M. Baritaut m’avait déjà fait lire une partie de cet ouvrage; et ce qui m’a touche dans vos dissertations , c’est qu’on y voit un. savant qui a de l’esprit : ce qui ne se trouve pas toujours.

Vous êtes cause, monsieur, que l’académie de Bordeaux 2 me presse l’épée dans les reins pour obtenir un arrêt du conseil pour la création de vingt associés au lieu de vingt élèves. L’envie qu’elle a de vous avoir, et la difficulté d’autre part que toutes les places d’associés sont remplies, fait qu’elle desire de voir de nouvelles places créées. Les affaires de M. le cardinal de Polignac et d’autres font que cet arrêté n’est pas encore obtenu. J’écris à nos messieurs que cela ne doit pas empêcher; et que vous méritez, si la porte est fermée, que l’on fasse une brèche pour vous faire entrer. J’espère , monsieur, que l’année prochaine , si je vais en province , j’aurai l’honneur de vous voir à Clérac , et de vous inviter à venir à Bordeaux. Je chérirai tout ce qui pourra faire et augmenter notre connaissance. Personne n’est au monde plus que moi et avec plus de respect, etc.

P. S. Quand vous écrirez à M. le chevalier Venuti, ayez la bonté, monsieur, de lui dire mille choses de ma part; ses belles qualités me sont encore présentes.

De Paris, le 17 mars 1739.

fera à ce chapitre après son absolution. Pendant son séjour en France, il travailla à plusieurs dissertations. sur l’histoire du pays pour l’académie de Bordeaux, à laquelle il fut agrégé, et à des poésies ; entre autres , au Triomphe de la France littéraire , et à la traduction du poëmed zla Religion, de L. Racine. Il mérita par là une gratification du roi en quittant la France pour passer à la prévôté de Livourne, que l’empereur lui conféra, comme grand-duc de Toscane.

1 II fut le premier qui nous donna une relation de la découverte d’Herculanum , avec un détail des antiquités qu’on avait trouvées de son temps. Il a eu aussi la plus grande part à l’établissement de l’académie étrusque de Cortone , qui a publié sept volumes in-4° d’excellents mémoires sur des sujets d’histoire et d’antiquité.

2 Dans la première édition de ces lettres , on lit toujours Bourdeaux. 11 est probable que Montesquieu l’écrivait ainsi

LETTRES

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