‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 1068 sur 1159 · AU CHEVALIER D’AYDIES · texte numérisé non relu

AU CHEVALIER D’AYDIES

Dites-moi, mon cher chevalier, si vous voulez aller mardi à Lisle-Belle , et si vous voulez que nous y allions ensemble; si cela est, je serai enchanté du séjour et du chemin.

Vous êtes adorable, mon cher chevalier; votre amitié est précieuse comme l’or ; je vais m’arranger

1 Voyez ci-devant la lettre n° 23.

2 Allusion aux avantages que ce prince avait remportés sur l’armée anglaise dans son expédition d’Écosse.

LETTRES

pour profiter de votre avi*s , et être à Paris avant le départ de cet homme qui distribue la lumière. Mais , mon Dieu, vous serez à Plombières,* et je serai bien malheureux de jouer aux barres ! Vous ne me mandez point la raison qui vous détermine; je m’imagine que c’est votre asthme, et j’espère que cela n’est que précaution , et que vous n’en êtes pas plus fatigué qu’à l’ordinaire. Je ne compte pas trouver non plus madame de Mirepoix à Paris; on me dit qu’elle est sur son départ. Mon cher chevalier, je vous prie d’avoir de l’amitié pour moi ; je vous la demande comme si je ne pouvais pas me vanter que vous me l’avez accordée; et, quant à la mienne , il me semble que je vous la donne à chaque instant. Je quitte ce pays-ci sans dégoût, mais aussi sans regret. Je vous prie de vous souvenir de moi , et d’agréer les sentiments du monde les plus respectueux et les plus tendres.

Bordeaux, ce II janvier 1749.

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