GG
je n’entreprendrai rien qu’en conséquence de votre réponse. Huart veut faire une nouvelle édition des Lettres Persanes ; mais il y a quelques juvenilia 1 que je voudrais auparavant retoucher, quoiqu’il faut qu’un Turc voie, pense et parle en Turc, et non en chrétien : c’est à quoi bien des gens ne font point attention en lisant les Lettres Persanes.
Je vois que le pauvre Clément Y retombera dans l’oubli , et que vous allez quitter les affaires de Philippe le Bel pour celles de ce siècle-ci. L’histoire de mon pays y perdra, aussi bien que la république des lettres; mais le monde politique y gagnera. Ne manquez pas de m’écrire de Vienne, et n’oubliez point de me ménager la continuation de l’amitié de monsieur votre frère 2 : c’est un des militaires que je regarde comme destinés à faire les plus grandes choses. Adieu, mon cher ami; je vous embrasse de tout mon cœur.
De la Brède , le 4 octobre 1752.