‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 1107 sur 1159 · A MME LA MARQUISE DE POMPADOUR · texte numérisé non relu

A MME LA MARQUISE DE POMPADOUR

Piron est assez puni , madame , pour les mauvais vers qu’on dit qu’il a faits; d’un autre côté, il en a fait de très-bons. Il est aveugle, infirme, pauvre, marié, vieux. Le roi ne pourrait-il pas lui accorder quelque pension ? Il est beau de l’obtenir. C’est ainsi que vous employez le crédit que vos belles qualités vous donnent ; et , parce que vous êtes heureuse, vous voudriez qu’il n’y eût point de malheureux. Le feu roi exclut la Fontaine d’une place à l’académie, à cause de ses contes : il la lui rendit, six mois après, à cause de ses fables3.

le titre de Défense de V Esprit des Lois, que le public a reçue comme un chef-d’œuvre de critique et un modèle de bon goût.

1 Montesquieu , mûri par l’âge , disait que , si les Lettres Persanes étaient à imprimer, il en aurait retranché quelquesunes , dans lesquelles le feu de la jeunesse l’avait transporté ; qu’obligé par son père de passer toute la journée sur le code, il s’en trouvait le soir si fatigué, que, pour s’amuser, il se mettait à composer une lettre persane , et que cela coulait de sa plume sans étude.

2 II était , à cette époque , général major au service d’Autriche.

3 En 1752 , Piron essaya inutilement de se faire recevoir à l’académie française : le roi lui refusait son agrément. Montesquieu, qui était alors directeur de cette compagnie, écrivit aussitôt à madame de Pompadour la lettre ci-dessus , et cette démarche ne fut pas sans succès : Louis XV accorda une pension de mille livres à l’auteur de la Métromanie.

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