CHAPITRE III
Continuation du même sujet.
Les lois qui font périr un homme sur la déposition d’un seul témoin sont fatales à la liberté. La raison en exige deux, parce qu’un témoin qui af-
1 Politique , liv. II.
2 Tarquinius Priscus. Voyez Denys d’Halicarnasse, liv. IV.
3 De l’an 560.
4 Aristote, Polit, liv. II, chap. xn. Il donna ses lois à Thurium, clans la quatre-vingt-quatrième olympiade. — Charondas était disciple dePythagore. Législateur de Catane, en Sicile, et de Thurium, colonie thessalienne , il scella ses lois de son propre sang. Il avait défendu , sous peine de mort , de paraître en armes aux assemblées. Un jour qu’il revenait de la campagne , le peuple en tumulte remplissait la place publique; Charondas y court, oubliant qu’il a son épée; on le lui reproche; à l’instant il se perce le sein, et tombe baigné dans son sang. Stobée nous a conservé, le préambule de ses lois. On pourra se faire une idée de l’esprit et de la sagesse de ce législateur, à la lecture des deux articles suivants :
« Celui qui élève une maison plus belle que les temples des dieux ou les édiiices destinés au service public , bien loin d’être digne d’estime, ne mérite que l’infamie : aucun édifice particulier ne doit insulter par sa magnificence aux monuments publics.
« Celui qui donne une belle-mère à ses enfants , bien loin d’être honoré, sera regardé avec mépris , parce qu’il introduit la discorde dans une famille. »
firme, et un accusé qui nie, font un partage; et i faut un tiers pour le vider.
Les Grecs 1 et les Romains 2 exigeaient une voix de plus pour condamner. Nos lois françaises en demandent deux. Les Grecs prétendaient que leur usage avait été établi par les dieux 3; mais c’est le nôtre.