‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 426 sur 1159 · LIVRE XIII, CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, CHAPITRE IL

II y a des États despotiques1 où l’on pense que de parler à un prince pour un disgracié , c’est manquer au respect qui lui est dû. Ces princes semblent faire tous leurs efforts pour se priver de la vertu de clémence.

Arcadius et Honorius , dans la loi2 dont j’ai tant parlé3 4, déclarent qu’ils ne feront point de grâce à ceux qui oseront les supplier pour les coupables 4. Cette loi était bien mauvaise , puisqu’elle est mauvaise dans le despotisme même.

La coutume de Perse, qui permet à qui veut de sortir du royaume , est très-bonne ; et, quoique l’usage contraire ait tiré son origine du despotisme, où l’on a regardé les sujets comme des esclaves5, et ceux qui sortent comme des esclaves fugitifs , cependant la pratique de Perse est trèsbonne pour le despotisme, où la crainte de la fuite ou de la retraite des redevables arrête ou modère les persécutions des pachas et des exacteurs.

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