‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 785 sur 1159 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

eurent une humeur indomptable , et s’obstinèrent a se révolter. On trouve dans leurs lois 1 des duretés du vainqueur, qu on ne voit point dans les autres codes des lois des barbares.

On y voit l’esprit des lois des Germains dans les peines pécuniaires , et celui du vainqueur dans les peines afflictives.

Les crimes qu’ils font dans leur pays sont punis corporellement, et on ne suit l’esprit des lois germaniques que dans la punition de ceux qu’ils commettent hors de leur territoire.

On y déclare que , pour leurs crimes , ils n’auront jamais de paix, et on leur refuse l’asile des églises mêmes.

Les évêques eurent une autorité immense à la cour des rois wisigoths ; les affaires les plus importantes étaient décidées dans les conciles. Nous devons au code des Wisigoths toutes les maximes, tous les principes et toutes les vues de l’inquisition d’aujourd’hui; et les moines n’ont fait que copier contre les juifs des lois faites autrefois par les évêques.

Du reste, les lois de Gondebaud pour les Bourguignons paraissent assez judicieuses; celles de Rotharis et des autres princes lombards le sont en* core plus. Mais les lois des Wisigoths, celles de Recessuinde, de Chaindasuinde et d’Égiga, sont puériles , gauches , idiotes ; elles n’ atteignent point le but; pleines de rhétorique, et vides de sens, frivoles dans le fond , et gigantesques dans le style.

Page 1