CHAPITRE I
pas incapables de posséder des fiefs, il paraît par le passage de Tégan rapporté ci-dessus , que les serfs affranchis en étaient absolument exclus. M. l’abbé Dubos1, qui va en Turquie pour nous donner une idée de ce qu’était l’ancienne noblesse française, nous dira-t-il qu’on se soit jamais plaint en Turquie de ce qu’on y élevait aux honneurs et aux dignités des gens de basse naissance , comme on s’en plaignait sous les règnes de Louis le Débonnaire et de Charles le Chauve? On ne s’en plaignait pas du temps de Charlemagne , parce que ce prince distingua toujours les anciennes familles d’avec les nouvelles : ce que Louis le Débonnaire et Charles le Chauve ne firent pas.
Le public ne doit pas oublier qu’il est redevable à M. l’abbé Dubos de plusieurs compositions excellentes. C’est sur ces beaux ouvrages qu’il doit le juger, et non pas sur celui-ci. M. l’abbé Dubos y est tombé dans de grandes fautes , parce qu’il a plus eu devant les yeux M. le comte de Boulainvilliers que son sujet. Je ne tirerai de toutes mes critiques que cette réflexion : Si ce grand homme a erré , que ne dois-je pas craindre!