‹ Œuvres complètes de MontesquieuChapitre 979 sur 1159 · LUE A L’ACADÉMIE DE BORDEAUX LE 18 JUIN · texte numérisé non relu

LUE A L’ACADÉMIE DE BORDEAUX LE 18 JUIN

Ce ne fut ni la crainte, ni la piété, qui établit la religion chez les Romains , mais la nécessité où sont toutes les sociétés d’en avoir une. Les premiers rois ne furent pas moins attentifs à régler le culte et les cérémonies qu’à donner des lois et bâtir des murailles.

Je trouve cette différence entre les législateurs romains et ceux des autres peuples , que les premiers firent la religion pour l’État, et les autres l’État pour la religion. Romulus, Tatius et Numa, asservirent les dieux à la politique : le culte et les cérémonies qu’ils instituèrent furent trouvés si sages, que, lorsque les rois furent chassés , le joug de la religion fut le seul dont ce peuple , dans sa fureur pour la liberté , n’osa s’affranchir.

Quand les législateurs romains établirent la religion , ils ne pensèrent point à la réformation des mœurs , ni à donner des principes de morale ; ils ne voulurent point gêner des gens qu’ils ne connaissaient pas encore. Us n’eurent donc d’abord qu’une vue générale , qui était d’inspirer à un peuple qui ne craignait rien , la crainte des dieux , et de se servir de cette crainte pour le conduire à leur fantaisie.

Les successeurs de Numa n’osèrent point faire ce que ce prince n’avait point fait : le peuple , qui avait beaucoup perdu de sa férocité et de sa rudesse , était devenu capable d’une plus grande discipline. Il eût été facile d’ajouter aux cérémonies de la religion des principes et des règles de morale, dont elle manquait; mais les législateurs des Romains étaient trop clairvoyants pour ne point connaître combien une pareille réformation eût été dangereuse : c’eût été convenir que la religion était défectueuse, c’était lui donner des âges, et affaiblir son autorité en voulant l’établir. La sagesse des Romains leur fit prendre un meilleur parti en établissant de nouvelles lois. Les institutions humaines peuvent bien changer, mais les divines doivent être immuables comme les dieux mêmes.

Ainsi le sénat de Rome , ayant chargé le préteur Petilius 1 d’examiner les écrits du roi Numa, qui avaient été trouvés dans un coffre de pierre quatre cents ans après la mort de ce roi , résolut de les faire brûler, sur le rapport que lui fit ce préteur, que les cérémonies qui étaient ordonnées dans ces écrits différaient beaucoup de celles qui se pratiquaient alors ; ce qui pouvait jeter des scrupules dans l’esprit des simples , et leur faire voir que le culte prescrit n’était pas le même que celui qui avait été institué par les premiers législateurs , et inspiré par la nymphe Égérie.

On portait la prudence plus loin : on ne pouvait lire les livres sibyllins sans la permission du sénat, qui ne la donnait même que dans les grandes occasions, et lorsqu’il s’agissait de consoler les peuples. Toutes les interprétations étaient défendues; ces livres même étaient toujours renfermés ; et , par une précaution si sage , on ôtait les armes des mains des fanatiques et des séditieux..

Les devins ne pouvaient rien prononcer sur les affaires publiques sans la permission des magistrats ; leur art était absolument subordonné à la volonté du sénat; et cela avait été ainsi ordonné par les

1 Tite-Live, liv. xl , chap. xxix.

DANS LA RELIGION

livres des pontifes, dont Cicéron nous a conservé quelques fragments *.

Polybe met la superstition au rang des avantages que le peuple romain avait par-dessus les autres peuples : ce qui paraît ridicule aux sages est nécessaire pour les sots; et ce peuple, qui se met si facilement en colère, a besoin d’être arrêté par une puissance invisible.

Les augures et les aruspices étaient proprement les grotesques du paganisme; mais on ne les trouvera point ridicules, si on fait réflexion que, dans une religion toute populaire comme celle-là , rien ne paraissait extravagant; la crédulité du peuple réparait tout chez les Romains : plus une chose était contraire à la raison humaine, plus elle leur paraissait divine. Une vérité simple ne les aurait pas vivement touchés : il leur fallait des sujets d’admiration , il leur fallait des signes de la divinité; et ils ne les trouvaient que dans le merveilleux et le ridicule.

C’était, à la vérité, une chose très-extravagante de faire dépendre le salut de la république de l’appétit sacré d’un poulet , et de la disposition des entrailles des victimes ; mais ceux qui introduisirent ces cérémonies en connaissaient bien le fort et le faible , C* ce ne fut que par de bonnes raisons qu’ils péchèrent contre la raison même. Si ce culte avait été plus raisonnable, les gens d’esprit en auraient été la dupe aussi bien que le peuple, et par là on aurait perdu tout l’avantage qu’on en pouvait attendre : il fallait donc des cérémonies qui pussent entretenir la superstition des uns, et entrer dans la politique des autres ; c’est ce qui se trouvait dans les divinations. On y mettait les arrêts du ciel dans la bouche des principaux sénateurs , gens éclairés , et qui connaissaient également le ridicule et l’utilité des divinations.

Cicéron dit 2 que Fabius , étant augure , tenait pour règle que ce qui était avantageux à la république se faisait toujours sous de bons auspices. Il pense, comme Marcellus 3, que, quoique la crédulité populaire eût établi au commencement les augures, on en avait retenu l’usage pour Futilité de la

1 De Leg. lib. II : « Bella disceptanto : prodigia , portenta , ad Etruscos et aruspices, si senatusjusserit , deferunto. » Et dans un autre endroit : « Sacerdotum duo généra sunto : unum , quod prœsit ceremoniis et sacris; allerum, quod interpretetur fatidicorum et vaturn effata incognita, cùm, senatus populusque adsciverit. »

2 Ophmis auspiciis ea geri quœpro reipublicœ sainte gererentur, quæ contra rempublicam fierint, contra auspiciafieri. (De Senectute , chap. iv.)

3 De Divinationc.

république; et il met cette différence entre les Romains et les étrangers , que ceux-ci s’en servaient indifféremment dans toutes les occasions , et ceux-là seulement dans les affaires qui regardaient l’intérêt public. Cicéron 1 nous apprend que la foudre tombée du côté gauche était d’un bon augure , excepté dans les assemblées du peuple , præterquam ad comitia. Les règles de l’art cessaient dans cette occasion : les magistrats y jugeaient à leur fantaisie de la bonté des auspices ; et ces auspices étaient une bride avec laquelle ils menaient le peuple. Cicéron ajoute : Hoc institutum reipublicæ causa est, ut comitiorum , vel in jure legum , vel in indiciis populi, vel in creandis magistratibus , principes civitaiis essent interprètes. Il avait dit auparavant qu’on lisait dans les livres sacrés : Jove tonante et fulgurante, comitia populi liabere nefas esse. Cela avait été introduit, dit-il, pour fournir aux magistrats un prétexte de rompre les assemblées du peuple 2. Au reste, il était indifférent que la victime qu’on immolait se trouvât de bon ou de mauvais augure : car, lorsqu’on n’était pas content de la première, on en immolait une seconde, une troisième, une quatrième , qu’on appelait hostiæ succedanæ. Paul Émile, voulant sacrifier, fut obligé d’immoler vingt victimes : les dieux ne furent apaisés qu’à îa dernière , dans laquelle on trouva des signes qui promettaient la victoire. C’est pour cela qu’on avait coutume de dire que, dans les sacrifices, les dernières victimes valaient toujours mieux que les premières. César ne fut pas si patient que Paul Émile : ayant égorgé plusieurs victimes, dit Suétone 3, sans en trouver de favorables, il quitta les autels avec mépris , et entra dans le sénat.

Comme les magistrats se trouvaient maîtres des présages , ils avaient un moyen sûr pour détourner le peuple d’une guerre qui aurait été funeste, ou pour lui en faire entreprendre une qui aurait pu être utile. Les devins qui suivaient toujours les armées , et qui étaient plutôt les interprètes du général que des dieux , inspiraient de la confiance aux soldats. Si par hasard quelque mauvais présage avait épouvanté l’armée, un habile général en convertissait le sens, et se le rendait favorable : ainsi Scipion, qui tomba en sautant de son vaisseau sur le rivage d’Afrique, prit (Jp la terre dans ses mains : « Je te tiens, dit-il, ô terre d’Afrique! » et par ces

1 De Divinatione , lib. II.

2 Hoc reipublicœ causa constitutum : comitiorum emm non habendorum causas esse voluerunt. (De Divinatione.)

3 Pluribus hostiis cœsis , cum litare non posset, introiit curium, sprcta religionc. (In Jul. Cœs. chap. lxxxi.)

POLIÏIQLE DES ROMAINS

mots il rendit heureux un présage qui avait paru si funeste.

Les Siciliens , s’étant embarqués pour faire quelque expédition en Afrique, furent si épouvantés d’une éclipse de soleil, qu’ils étaient sur le point d'abandonner leur entreprise; mais le général leur représenta « qu’à la vérité cette éclipse eût été de mauvais augure si elle eût paru avant leur embarquement, mais que, puisqu’elle n’avait paru qu’après , elle ne pouvait menacer que les Africains. » Par là il fit cesser leur frayeur, et trouva dans un sujet de crainte le moyen d’augmenter leur courage.

César fut averti plusieurs fois par les devins de ne point passer en Afrique avant l’hiver. Il ne les écouta pas, et prévint par là ses ennemis, qui, sans cette diligence, auraient eu le temps de réunir leurs forces.

Crassus, pendant un sacrifice, ayant laissé tomber son couteau des mains , on en prit un mauvais augure; mais il rassura le peuple en lui disant : « Bon courage! au moins mon épée ne m’est jamais tombée des mains. »

Lucullus étant près de donner bataille à Tigrane , on vint lui dire que c’était un jour malheureux. « Tant mieux, dit-il : nous le rendrons heureux par notre victoire. »

Tarquin le Superbe, voulant établir des jeux en l’honneur de la déesse Mania, consulta l’oracle d’Apollon , qui répondit obscurément , et dit qu’il fallait sacrifier têtes pour têtes, capitibus pro capitibus supplie andum. Ce prince, plus cruel encore que superstitieux , fit immoler des enfants; mais Junius Brutus changea ce sacrifice horrible ; car il le fit faire avec des têtes d’ail et de pavot, et par là remplit oii éluda l’oracle r.

On coupait le nœud gordien quand on ne pouvait pas le délier : ainsi, Clodius Pulcher, voulant donner un combat naval, fit jeter les poulets sacrés à la mer, afin de les faire boire, disait-il, puisqu’ils ne voulaient pas manger 2.

Il est vrai qu’on punissait quelquefois un général de n’avoir pas suivi les présages , et cela même était un nouvel effet de la politique des Romains. On voulait faire voir au peuple que les mauvais succès, les villes prises, les batailles perdues, n’étaient point l’effet d’une mauvaise constitution de l’État, ou de la faiblesse de la république, mais de l’impiété d’un citoyen contre lequel les dieux étaient irrités. Avec cette persuasion, il n’était pas difficile de rendre la confiance au peuple ; il ne fallait pour cela que quel-

1 Macrob. Saturnal. lib. I.

3 Val. Maxim. I, chap. iy.

ques cérémonies et quelques sacrifices. Ainsi, lorsque la ville était menacée ou affligée de quelque malheur, on ne manquait pas d’en chercher la cause , qui était toujours la colère de quelque dieu dont on avait négligé le culte : il suffisait , pour s’en garantir, de faire des sacrifices et des processions ; de purifier la ville avec des torches, du soufre, et de l’eau salée. On faisait faire à la victime le tour des remparts avant de l’égorger; ce qui s’appelait sacrifi ciuni amburbium , et amburbiale. On allait même quelquefois jusqu’à purifier les armées et les flottes , après quoi chacun reprenait courage.

Scévola, grand pontife, et Varron, un de leurs grands théologiens , disaient qu’il était nécessaire que le peuple ignorât beaucoup de choses vraies, et en crût beaucoup de fausses. Saint Augustin dit 1 que Varron avait découvert par là tout le secret des politiques et des ministres d’État.

Le même Scévola, au rapport de saint Augustin 3, divisait les dieux en trois classes : ceux qui avaient été établis par les poètes ; ceux qui avaient été établis par les philosophes ; et ceux qui avaient été établis par les magistrats , a principïbus civitatis.

Ceux qui lisent l’histoire romaine, et qui sont un peu clairvoyants , trouvent à chaque pas des traits de la politique dont nous parlons. Ainsi on voit Cicéron, qui, en particulier et parmi ses amis, fait à chaque moment une confession d’incrédulité 3, parler en public avec un zèle extraordinaire contre l’impiété de Verrès. On voit un Clodius, qui avait insolemment profané les mystères de la bonne déesse, et dont l’impiété avait été marquée par vingt arrêts du sénat, faire lui-même une harangue remplie de zèle à ce sénat qui l’avait foudroyé, contre le mépris des pratiques anciennes et de la religion. On voit un Salluste , le plus corrompu de tous les citoyens , mettre à la tête de ses ouvrages une préface digne de la gravité et de l’austérité de Caton. Je n’aurais jamais fait si je voulais épuiser tous les exemples.

Quoique les magistrats ne donnassent pas dans la religion du peuple , il ne faut pas croire qu’ils n’en eussent point. M. Cudworth a fort bien prouvé que ceux qui étaient éclairés parmi les païens adoraient une divinité suprême, dont les divinités du peuple n’étaient qu’une participation. Les païens, très-peu scrupuleux dans le culte, croyaient qu’il était indifférent d’adorer la divinité même, ou les manifestations de la divinité ; d’adorer par exemple , dans Vénus , la puissance passive de la nature ,

1 Toium consilium prodidit sapientum per qi/od civitates et populi regerentur. ( De Civit. Dei, lib. IV, chap. xxxi.)

2 Ibid.

3 « Adeone me delirare censes ut ista credam? »

DANS LA RELIGION

ou Ja divinité suprême, en tant qu’elle est susceptible de toute génération; de rendre un culte au soleil ou à l’Être suprême, en tant qu’il anime les plantes, et rend la terre féconde par sa chaleur. Ainsi le stoïcien Balbus dit , dans Cicéron 1 , « que Dieu participe par sa nature à toutes les choses d’icibas; qu’il est Cérès sur la terre; Neptune sur les mers. » Nous en saurions davantage si nous avions le livre qu’Asclépiade composa, intitulé l'Harmonie de toutes les théologies.

Comme le dogme de l’âme du monde était presque universellement reçu , et que l’on regardait chaque partie de l’univers comme un membre vivant dans lequel cette âme était répandue, il semblait qu’il était permis d’adorer indifféremment toutes ces parties , et que le culte devait être arbitraire comme était le dogme.

Voilà d’où était né cet esprit de tolérance et de douceur qui régnait dans le monde païen : on n’avait garde de se persécuter et de se déchirer les uns les autres : toutes les religions , toutes les théologies , y étaient également bonnes : les hérésies , les guerres et les disputes de religion , y étaient incon-. nues : pourvu qu’on allât adorer au temple, chaque citoyen était grand pontife dans sa famille.

Les Romains étaient encore plus tolérants que les Grecs, qui ont toujours gâté tout : chacun sait la malheureuse destinée de Socrate.

Il est vrai que la religion égyptienne fut toujours proscrite à Rome : c’est qu’elle était intolérante , qu’elle voulait dominer seule , et s’établir sur les débris des autres; de manière que l’esprit de douceur et de paix qui régnait chez les Romains fut la véritable cause de la guerre qu’ils lui firent sans relâche. Le sénat ordonna d’abattre les temples des divinités égyptiennes; et Valère Maxime2 rapporte a ce sujet qu’Emilius Probus donna les premiers coups , afin d’encourager par son exemple les ouvriers, frappés d’une crainte superstitieuse.

Mais les prêtres de Sérapis et d’Isis avaient encore plus de zèle pour établir ces cérémonies qu’on n’en avait à Rome pour les proscrire. Quoique Auguste , au rapport de Dion , 3 , en eût défendu l’exercioe dans Rome , Agrippa, qui commandait dans la ville en son absence, fut obligé de le défendre une seconde fois. On peut voir dans Tacite et dans Suétone tous les fréquents arrêts que le sénat fut obligé de rendre pour bannir ce culte de Rome.

1 « Dcus periinens per naturam çujusqiic rei, per terrai Ceres , per maria Neptunus , alii per alla, poterunt intelligi ; qui qualcsque sint, quoque eos nomme consuetudo mmcupaverit , hos deos et venerari et colère debemus. »

2 Liv I, chap. iu.

3 Ut XXXIV.

Il faut remarquer que les Romains confondirent les Juifs avec les Égyptiens, comme on sait qu’ils confondirent les chrétiens avec les Juifs : ces deux religions furent longtemps regardées comme deux branches de la première , et partagèrent avec elle la haine, le mépris et la persécution des Romains. Les mêmes arrêts qui abolirent à Rome les cérémonies égyptiennes mettent toujours les cérémonies juives avec celles-ci , comme il paraît par Tacite 1 , et par Suétone dans les vies de Tibère et de Claude. Il est encore plus clair que les historiens n’ont jamais distingué le culte des chrétiens d’avec les autres. On n’était pas même revenu de cette erreur du temps d’Adrien, comme il paraît par une lettre que cet empereur écrivit d’Égypte au consul Servianus : « Tous ceux 2 qui en Égypte adorent Sérapis sont chrétiens, et ceux mêmes qu’on appelle évêques sont attachés au culte de Sérapis. Il n’y a point de Juif, de prince de synagogue, de samaritain, de prêtre des chrétiens, de mathématicien, de devin, de baigneur, qui n’adore Sérapis. Le patriarche même des Juifs adore indifféremment Sérapis et le Christ. Ces gens n’ont d’autre dieu que Sérapis : c’est le dieu des chrétiens, des Juifs, et de tous les peuples. » Peut-on avoir des idées plus confuses de ces trois religions , et les confondre plus grossièrement ?

Chez les Égyptiens, les prêtres faisaient un corps à part , qui était entretenu aux dépens du public : de là naissaient plusieurs inconvénients ; toutes les richesses de l’État se trouvaient englouties dans une société de gens qui, recevant toujours et ne rendant jamais, attiraient insensiblement tout à eux. Les prêtres d’Égypte, ainsi gagés pour ne rien faire, languissaient tous dans une oisiveté dont ils ne sortaient qu’avec les vices qu’elle produit ; ils étaient brouillons, inquiets, entreprenants, et ces qualités les rendaient extrêmement dangereux. Enfin un corps dont les intérêts avaient été violemment séparés de ceux de l’État, était un monstre; et ceux qui l’avaient établi avaient jeté dans la société une semence de discorde et de guerres civiles. Il n’en était pas de même à Rome : on y avait fait de la prêtrise une charge civile ; les dignités d’augure ,

1 Hist. lib. il.

2 « Illi qüi Serapin colnnt , chrisiiam sunt ; et devoii sant Serapi, qui se Christi episcopos dicunt. Nemo illic archisynagogus Judæorum , nemo Samarites, nemo christianorum presbyter, non mathematicus , non aruspex , non aliptes, qui non Serapin colat. Ipse ille patriarcha (Judæorum scilicet), cum Ægyptum venerit, ab aliis Serapin adorare, ab aliis cogitur Christum. Unus illis deus est Sérapis : hune Judœi, hune christiani , hune omnes venerantur et gentes. » (Fiavius Vopiscus, in Vita Saturnini, Vid. Historiœ Augustæ scriptores , in folio, 1620, pag. 245; et in-8°, 1661, pag. 959.)

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