‹ Œuvres complètes de N.H. AbelChapitre 30 sur 62 · C. Sur l'équation P,^.,z · texte numérisé non relu

C. Sur l'équation P,^.,z

L'expression que nous venons de trouver pour y (j^j) contiendra, comme

nous avons vu, les deux quantités constantes q> ( jj—p) ct Ç> ("j^y)' ^n trouvera ces quantités en résolvant l'équation

dont les racines seront représentées par

89) x = cf(""J±»ai\

tn+l P

où m et ft pourront être tous les nombres entiers depuis — n jusqu'à + »• Une de ces racines, qui répond à m=0, est égale à zéro. Doue />,,+, est divisible par x. En écartant ce facteur, on aura une équation 90) 11 = 0, du degré (2*+ 1)*— 1.

En faisant x* = r, l'équation ft=0, en r, sera du degré C***^)*-1 = 2.»(/i-fl), et les racines de cette équation seront

M) . ,,.(-ge-),

fi et m ayant toutes les valeurs positives, au dessous do », en faisant abstraction de la racine zéro.

Nous allons voir maintenant, comment on peut ramener la résolution de l'équation « = 0 à celle de deux équations, l'une du degré « et l'autre du degré 2» +2.

D'abord, je dis, qu'on peut représenter toutes les valeurs de r par

en donnant à /i toutes les valeurs entières depuis zéro jusqu'à 2», et à m toutes celtes depuis 1 jusqu'à ».

En effet g>* (^T-Tl') rePr*sente d'abord 011 nombre » de valeurs de r; or les autres peuvent être représentées par <p* (ji . — Soit, pour le démontrer, m/* = (2»-f l)*-f m', où m' est un nombre entier compris entre les limites — « et -f- ». En substituant, on aura

v("-JEr)=»,(*- + T5!=i) Œ,.(-£5-) = f.(~ï->

y* (/i . ) est donc une valeur de r; maintenant à chaque valeur de »»,

répond une valeur différente de m'. Car si l'on avait

»Vi = (2» +1 )*, + »',

il s'en suivrait

(m — mj/i = (2n-{~i) . (k — kj, ce qui est impossible, en remarquant que 2» -f- 1 est un nombre premier. Donc

(f*Qt • W^°/) combiné avec y»( ) représente toutes les valeurs de r.

Cela posé, soit

<»>['-'-(^)] •••['-«■ Grâ)]

Les quantités pw J»t, ■ • -/»— 1, seront des fondions rationnelles et symétriques

de G^î)' 9'*(^ïï) ' ,9)a(^^); orces "fonctioils peuvent être trouvées au moyen d'une équation du degré 2» -\-2.

Soit une fonction rationnelle et symétrique quelconque de

** (sa)» *tG^)--,»*(sa)' où w' dé8igne la iuantité

Par les formules que nous avons données plus haut pour exprimer <p{nfl) en ç>/î, il est clair qu'on peut exprimer q>% (wi'.Jîl) en fonction rationnelle deç>'(— j). Donc on peut faire

0 désignant une fonction symétrique et rationnelle. En mettant va' au lieu de il viendra

«.,, = (2/*-f-l). + où A. est entier et compris entre — » et -f- », la série

aura au signe près les mêmes ternies que celle-ci:

donc il est clair, que le second membre de l'équation (95) aura la même valeur que p. Donc:

qui en faisant w' = w et w' = mw-f ot, donnera ces deux-ci:

i'Maîi)]-^»*^)]'

ou bien, en faisant, pour abréger,

il viendra:

99) y • r, = tf>rl ; yr,,. = yr,,».

Cela posé, soit

Je dis, qu'on peut exprimer les coefficiens q0, qx etc. rationnellement en e et c.

D'abord en vertu des formules connues on peut exprimer rationnellement ces coefficiens en tt, tt . . . ttH, si l'on fait, pour abréger,

101) /*=(vrl)* + (^r1(/+(Vrm)*+ . . . +(>;•,,,„)*.

Il s'agit donc de trouver les quantités iltt%t or cela se pourra aisément au moyen des relations (99). En effet, en y faisant successivement v = 1, 2 . . . «, après avoir élevé les des deux membres à la tirera sur le champ:

Donc en mettant pour m tous les nombres entiers 0, 1, . . . 2», et stituant dans l'expression de tk, il viendra:

1n.tk= (yr,)* + {WJ> + ...+ (*rf + foO* + (V'^o)* + • • • + < W>* + (^I(l)4 + (^1)* + ...+ (VT.(l)* + 4- (^,.,J*+(vMJfc+ • • • +(^,Jfc-

Cette valeur de /fc est, comme on voit, une fonction rationnelle et symétrique des n{2n-\-S) quantités rï, r%, . . . rH, r1(0, r4)0, . . . rn0 . . . rt tu, r, ». ...r-,.», q«i sont les n(2« + 2) racines de l'équation ft=0. Donc comme on sait, tk pourra s'exprimer rationnellement par les coefficiens de cette équation, et par suite en fonction rationnelle de e et r. Ayant ainsi trouvé les quatités /*, on en tire les valeurs de q0. f,,..?,.*!, qu« seront également des fonctions rationnelles de e et r.

Cela posé, en supposant

104) 0 = ?o+9l ./>+ 9t.p*+ • • • +7.-+. .J»**1 + J»W» on aura une équation du (2* + 2)*"' degré, dont les racines seront

La fonction ipr,, c'est-à-dire, une fonction quelconque rationnelle et symétrique des racines r, , r„, r,,...r„ pourra donc être trouvée au moyen d'une équation du degré 2w-f-2.

Donc on aura de cette manière les coefficiens p0, /»,,.. -pm-i, en résolvant on nombre n d'équations, chacune du (2n-f-2)*"< degTé.

Ayant déterminé p0, pl . . ., on aura, en résolvant l'équation 105) o = p0 + /v-f ...-f-^.r-'-f r",

la valeur des quantités

'"l* • ' ' *"■» ''irO» '"««O» • * • *"",0> > » • • ■ *'C"

dont la première est égale a <f *( " ). Donc la détermination de cette qoan-

tité, ou bien la résolution de l'équation R = 0, qui est du degré (2»-|-2).m, est réduite à celle d'équations du degré (2w-{-2) et n.

Mais on peut encore simplifier le procédé précédent En effet, comme nous le verrons, pour avoir les quantités p0, pt . .., il suffit de connaître l'une quelconque d'entre elles, et alors on peut exprimer les autres rationnellement par celle-là.

Soient généralement />, q deux fonctions rationnelles et symétriques des quantités r,, r„ . . . ru, on peut faire, comme nous l'avons vu,

p = yr1; q = %r„

V'r, et Qrt désignant deux fonctions rationnelles de r(, qui ont cette propriété de rester les mêmes, si l'on change r( en une autre quelconque des quantités

ri » rt> • ' • r"'

Supposons maintenant:

K + (VI(„)*-0r1(O +(yrlfl)*.0r1(, + . . . + (Vr,,,.)4- «r,,,., je dis que sk pourra être exprimé rationnellement en e et c.

En effet, on a

(yrf . 6r, = (yr,)* . Or, = I ((yr/ . Or, -j- (yr,)* . Or, + . . . + {yrjf . Or.),

(vr^'Or.^^nr^

En faisant m=0, 1, 2, . . . 2^^ et substituant dans l'expression de **, on verra que sh sera une fonction rationnelle et symétrique des racines rfl, r, , ...r|(0 etc., etc. de l'équation lt=0; donc sk pourra s'exprimer rationnellement en e et r.

Connaisant sk, on obtiendra, en faisant k=0. 1, 2, . . . 2n, 2n-)-l équations, desquelles on tirera aisément la valeur de 0r„ en fonction rationnelle de

ytr. Donc, une fonction de la forme p étant donnée, on peut exprimer une antre fonction quelconque de la même forme en fonction rationnelle de p. Donc, comme nous l'avons dit, on peut exprimer les coeflîciens p0, />,,...;>, rationnellement par l'un quelconque d'entre eux. Donc enfin, pour en avoir les valeurs, il suffit de résoudre une seule équation du degré 2«-f-2, et par conséquent, pour avoir les racines de l'équation /2 = 0, il suffit de résoudre une équation du degré 2n-f-2, et 2«-}-2 équations du degré n.

Maintenant, parmi les équations, dont dépend la détermination des quantités <f (2w" t )> celles du degré n peuvent être résolues algébriquement. Le procédé par lequel nous allons effectuer cette résolution est entièrement semblable à celui, qui est dû à M. Ganss pour la résolution de l'équation

Soit proposée l'équation

106) 0=p9+pl.r+pri*+. . . + /^,.r~' +r-, dont les racines sont:

où w' a une des valeurs w, m© -\- ai. Désignons par a une des racines primitives du nombre 2«+l, c'est-à-dire, un nombre entier tel, que fi=2n-\-t est le nombre le plus petit qui rende «rf1 — 1 divisible par 2n-|-l, je dis, que les racines de l'équation (106) peuvent aussi être représentées par

107) çV). *'(«•<)> * V') • • • • 0, où t=»^.

Xn + 1

Soit

um = (2n+\)km±am, où k est entier et am entier, positif et moindre que « + je dis, que les termes de la série

!> a, » <*«»••• seront tous différents entre eux.

En effet, si l'on a

il en résulte,

on a- — af = (2a -f 1) (km — kj,

ou «- + «" = (2«-f 1) + A„).

Il faut donc que l'une des qualités «- — «.", «--f «.« soit divisible par 2«-f-l: or soit posé m>p, ce qui est permis, il faut que " — 1 ou u"--"-f- 1 soit divisible par £» + 1 : or cela est imposible, car m — ft csl moindre que n.

Donc les quantités 1, ai , a2 ... sont différentes entre elles, et par conséquent elles coincident, mais dans un ordre différent, avec les nombres 1, 2, 3, 4 ... w.

Donc, en remarquant que

, »/2[((2h+ i)f>\,±nmy] = v5(o»o-.

on voit que les quantités (107) sont les mêmes que celles-ci:

<r(<), . . . <f*(nt\

c'est-à-dire les racines de l'équation (106) c. q. f. d.

11 y a encore à remarquer, qu'ayant

on aura

et

Cela posé, soit 0 une racine imaginaire quelconque de l'équation

108) vW=»,W+ïV)!+ï,(«V)î'+... + »,(«^)f

En vertu de ce que nous avons vu précédemment, le second membre de cette équation peut être transformé en une fonction rationnelle de y*(0- Faisons

En mettant dans la première expression de «;{>), h"/ au lieu de /, il viendra;

q.-(r«-o = 7-,(«-') + v,(","+,0-o + v'(«-+,0.ea + • .. + 'lî('<""1f)'''""'"'+'/!V')'i" + '"+ï'(«'"t",')f'""' mais oous avons vu que </*(/("+-*) = T donc:

V(«-,) — ft— . f,{i) + î"^'.»,(«0 + !M+1-ï>,')+ • • •

En multipliant par 0", le second membre deviendra égal a y(*)> donc: HO) =•-"■?(').

y(,)=e-. *(**(«-*)), d'où, en élevant les deux membres à la «*"" puissance, on tire en vertu de la relation 0"" = 1 :

111) (tK*))" = [z(»t(«-0)>

Cette formule donne, en Taisant successivement m=0, 1, 2, S . . . * — 1, » équations, qui, ajoutées membres à membres donneront la suivante:

1 12) »r> w)H>(* W^f+blfV'rtN' • • • +[x(9,(«-l<))]" ;

or, le second membre de cette équation est une fonction rationnelle et symétrique des quatités • • • Ç*(«*,')> c'est-à-dire des racines de l'équation (106); donc (t/Jé)" peut être exprimé en fonction rationnelle de pùtpt par conséquent en fonction rationnelle de l'une quelconque de ces quantités. Soit v la valeur de (y(<))"> on aura

115) Yv = »*(*) + 6 . tp*{«f) + 0a . ç>*(o"') + • • + 0-1 • 9>*(a"",f)- Cela posé, soit 0 = cos — +isin — . Les racines imaginaires de l'équation 0" — 1 peuvent être représentées par

fil fi* A»-)

Donc en faisant successivement 0 égal à chacune de ces racines et désignant les valeurs correspondantes de v par vt, vt . . . il viendra

Kr, = q»»(#) + 0 . qp*(«0 + . . . + V» . «^(«"'O,

En combinant ces équations avec la suivante:

— ==9«(o+9»*(«0-f • • • -fV(«-H

on en tire aisément :

Hi) i <-/>-. + 9-.lA>, + rta.Vr»,+«-ta.

et pour w = 0:

115) A (-ju.,4- • • . + ^.).

Tontes les racines de l'équation (106) sont contenues dans la formule (115), mais puisque leur nombre n'est que », il reste encore à donner à a>"(é) une Tonne qui ne contienne pas des racines étrangères à la question. Or cela se fait aisément, comme suit

Soit

En posant ici ame au lieu de <, V rk se changera en 8~**.y'v*, et vt en (T*.t>,, donc *t se changera en

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