‹ OEuvres complètes de Octave Crémazie, publiées sous le patronage de l'Institut canadien de QuébecChapitre 27 sur 42 · P0É8IE · texte numérisé non relu

P0É8IE

Duns cette fiombro nuit qui pèse bur no8 tête», Toi seule as retrouvé Téclat des anciens jours ; Dans les cieux assombris ton nom brille toujouns, Aussi grand, aussi pur qu'au temps de tes conquêtes.

Tu n'as pas oublié les leçons immortelles Que te donnaient les preux aux grands jours des combats Ni les saintes vertus qui marchaient sur leurs pa^, Belles comme la gloire et comme elle étemelles.

Non, tu n'as pas appris ces funestes doctrines Qui faussent les esprits et flétrissent le cœur, Et qui sèment partout le doute et la douleur Pour moissonner la mort au milieu des ruine.^.

Ah ! qu'il nous soit permis de chanter votre gloire, O vous, dont les aïeux, en répandant leur sang Pour le nom de la France aux bords du Saint- Laurent, Ont fait les plus grands jours de notre jeune histoire.

( ar ce vieux drapeau blanc, aux splendeurs séculaires, (^ui vit tant de combats et brava tant do feux, A gardé, confondu dans ses plis glorieux. Le sang de vos aïeux et celui de nos |)cres.

Ces enfants des Normands et ces fils des Bretons Que la France a laissés aux rives canadiennes, En chantant les grandeurs de leurs luttes anciennes, Diront avec orgueil vos exploits et vos noms.

O dix-neuvième siècle, époque de merveille^ ! Ton génie a créé des forces bsiib pareilles ;

Tu prends la foudre au ciel et la tiens dauH ta main ; l*roniptc comme l'éclair, la vai^eur condensée Emporte dans h^\h bras une foule pressée, Et détruit jïour jamais U^ lonjrueurs du cliciuin.

La matière, ton dieu, t'a donné sa puissauœ,

\jos trésors de son sein et toute sa science ;

I>es éléments vaincus s'inclinent devant toi ;

Tes marins ont sondé la mer et ses abîmes;

Sous tes pitvls dévorants \o^ nK)nts n'ont plus dt^ cimes,

Et, jçlorioux, tu dis : L'avenir est ù moi I

Eh bien, dans l'avenir, ce qui fera ta jrloin". ( o n'est pas ce ])rojrrès (jue l'on a j)eine à croin\ Ni tes clKunins de for, ni leurs rési^ux de feu ; Ce sera la léjrende, immortelle et bénie, l)e ces cœurs ]>lcin8 de foi qui donnèrent leur vie IVmr le droit (^t jHjur Dieu.

I)âns vos asiles solitaire-s, Vous «pli ])riez, vous cpii pleurez.

Offrant l'encens de vos j>rières, A l'ond>re des parvis sacrés, Consolez- vous, bientôt le monde (^!ii vient d'enfanter ces héros Ktnerra, dans sa nuit profonde, Re>plendir les divins tiambeaux.

Foyer de force et de science,

0 vieille et sainte papauté,

C^ui brilles comme un phare immense

De gloire et d'immortalité I

Malgré les fareurs de la haine, Malgré les peuples ameutés, Toujours ta majesté sereine Domine les flots irrités.

Bien souvent les rois en délire, Frappant la main qui les bénit, Ont voulu briser ton empin\ Plus solide que le granit.

Ils 8*écriaient dans leur démence^ :

— Renversons ce faible vieillard, Qui n'a, contre notre puissance.

Que sa faiblesse pour renijwrt î

Mais, rendus au pied de ce trôno.

Qui brille d'un éclat divin.

Quand ils eurent sur ta conronuo Porté leur sacriléjre main, Ces fiers souverains de la torrc, Ej^erdus, s'arrêteront lA ; Derrière la chaire <le Piorn^ Ils venaient de voir Jéhova.

Et, quand le vieux monde en ruines Sombrait dans les gouffres ouverts, Debout sur les saintes collines.

Ta voix bénissait Puni vers.

Kt, dans cette nuit sans aurore Que feront les soleils mourants, Seule tu resteras encore Pour fermer les portes du Temps.

Québec, 27 décembre 1860.

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