SCÈNE I. - PRUSIAS, ARSINOÉ, ARASPE
PRUSIAS
Faites venir le prince , Araspe.
{Araspe rentre.)
Et vous, madame, Retenez des soupirs dont vous me percez l'âme. Quel besoin d'accabler mon cœur de vos douleurs, Quand vous y pouvez tout sans le secours des pleurs ? Quel besoin que ces pleurs prennent votre défense? Douté-je de son crime ou de votre innocence? Et reconnoissez-vous que tout ce qu'il m'a dit Par quelque impression ébranle mon esprit?
ARSINOÉ
Ah! seigneur, est-il rien qui répare l'injure Que fait à l'innocence un moment d'imposture? Et peut-on voir mensonge assez tôt avorté Pour rendre à la vertu toute sa pureté ? Il en reste toujours quelque indigne mémoire Qui porte une souillure à la plus haute gloire.