‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 245 sur 343 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

ARSJNOÉ.

N'en douiez point, madame.

LAODICE

Fuyez donc les fureurs qui saisissent mon âme :

Après le coup fatal de cette indi-^nilé,

Je n'ai plus ni respect ni frénérosité.

Mais plutôt demeurez pour me servir d'otage

Jusqu'à ce que ma main de ses fers le dégage.

J'irai jusque dans Rome en briser les liens,

Avec tous vos sujets, avecque tous les miens;

Aussi bien Annibal nommoit une folie

De présumer la vaincre ailleurs qu'en Italie.

Je veux qu'elle me voie au cœur de ses États

Soutenir ma fureur d'un million de bras;

Et sous mon désespoir rangeant sa tyrannie....

ARSiNOÉ.

Vous voulez donc enfin régner en Bithynie?

Et dans celte fureur qui vous trou'rile aujourd'hui,

Le roi pourra souffrir que vous régniez pour lui?

LAODIJE.

J'y régnerai, madame, et sans lui faire injure. Puisque le roi veut bien n'être roi qu'en peinture, Que lui doit importer qui donne ici la loi, Et qui règne pour lui des Romains ou de moi? Mais un second olage entre mes mains se jette.

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