‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 273 sur 343 · SCÈNE IV. — PERTHARITE, GRIMOALD, RODELINDE. GARIBALDE , UNULPHE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — PERTHARITE, GRIMOALD, RODELINDE. GARIBALDE , UNULPHE

UNULPHE.

Que faites-vous, seigneur? Pertharite est vivant; Ce n'est plus un bruit sourd, le voilà qu'on amène: Des chasseurs Font surpris dans la forêt prociiaine. Où, caché dans un fort, il altendoit la nuit.

GRIMOALD

Je vois trop clairement quelle main le produit.

RODELINDE.

Est-ce donc vous, seigneur? et les bruits infidèles N'ont-ils semé de vous que de fausses nouvelles?

Oui, cet époux si cher à vos chastes désirs, Qui vous a tant coûté de pleurs et de soupirs....

GRIMOALD

Va, fantôme insolent, retrouver qui t'envoie, Et ne te mêle point d'attenter à ma joie. Il est encore ici des supplices pour toi. Si tu viens y montrer la vaine ombre d'un roi. Pertharite n'est plus.

Pertharite respire.

Il te parle, il te voit régner dans son empire. Que ton ambition ne s'effarouche pas Jusqu'à me supposer toi-même un faux trépas : Il est honteux de feindre où l'on peut toutes choses. Je suis mort, si tu veux : je suis mort, si tu l'oses, Si toute ta vertu peut demeurer d'accord Que le droit de régner me rend digne de mort.

Je ne viens point ici par de noirs artifices De mon cruel destin forcer les injustices, Pousser des assassins contre tant de valeur. Et t'immoler en lâche à mon trop de malheur. Puisque le sort trahit ce droit de ma naissance Jusqu'à te faire un don de ma toute-puissance, Règne sur mes États que le ciel t'a soumis; Peut-être un autre temps me rendra des amis Use mieux cependant de la faveur céleste; Ne me dérobe pas le seul bien qui me reste , Un bien où je te suis un obstacle éternel, Et dont le seul désir est pour toi criminel. Bodelinde n'est pas du droit de ta conquête :

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