SCÈNE m. - GRIMOALD, GARIBALDE, UNULPHE
GRI.MOALD.
Que veut Unulphe?
UNULPHE.
Il est de mon devoir De vous dire, seigneur, que chacun le vient voir. J'ai permis à fort peu de lui rendre visite; Mais tous l'ont reconnu pour le vrai Pertharite Le peuple même parle, et déjà sourdement On entend des discours semés confusément...
GARIBALDE.
Voyez en quels périls vous jette l'imposture!
Le peuple déjà parle, et sourdement murmure:
Le feu va s'allumer si vous ne l'eteignez.
Pour perdre un imposteur qu'est-ce que vous craignez?
La haine d'Ëduige, elle qui ne prépare
A vos submissions qu'une fierté i^arbare.
Ele que vos mépris ayant mise en fureur
Rendent opiniâtre à vous mettre en erreur.
VAle qui n'a plus soif que de votre ruine,
Elle dont la main seule en conduit la machine?
De semblables malheurs se doivent dédaigner .
Et la vertu timide est mal propre à régner.
Épousez Rodelinde, et. malgré son fantôme. Assurez-vous l'Etat, et calmez le royaume: Et, livrant l'imposteur à ses mauvais deslins, Otez dès aujourd'hui tout prétexte aux mutins.
GRIMOALD
Oui. je te croirai, duc; et dès demain sa tête
Abattue à mes pieds calmera la tempête.
Qu'on le fasse venir, et qu'on mande avec lui
Celle qui ce sa fourbe est le second appui,
La reine oui me brave, et qui par grandeur d'âme
Semble ax,oir quelque gêne à se nommer sa femme.
GARIBALDE.
Ses pleurs vous toucheront.
G?;IMOALD.
Je suis armé contre eux
GARIBALDE.
L'amour vous séduira.
Je n'en crains point les feux; Ils ont peu de pouvoir quand lame est résolue.
GARIBALDE.
A'-issez donc, seigneur, de puissance absolue: Soutenez votre sceptre avec l'autorité Qu'imprime au front des rois leur propre majesté. Un roi doit pouvoir tout, et ne sait pas bien l'être Quand au fond de son cœur il souffre un autre maître.