‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 282 sur 343 · ACTE IV, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV

Oui des deux la formé, qui t'a le mieux instruit; Tu m'entends : et surtout fais cesser ce faux bruit; Détrompe mes sujets, ta prison est ouverte; Sinon, prépare-toi dès demain à ta perte : N'y force pas ton prince; et, sans plus t'obstiner, Mérite le pardon qu'il cherche à te donner.

Que tu perds lâchement de ruse et d'artifice Pour trouver à me perdre une ombre de justice, Et sauver les dehors d'une adroite vertu Dont aux yeux éblouis tu parois revêtu! Le ciel te livre exprés une grande victime , Pour voir si tu peux être et juste et magnanime; Mais il ne t'abandonne après tout que son sang; Tu ne lui peux ôter ni son nom ni son rang. Je mourrai comme roi né pour le diadème; Et bientôt mes sujets, détrompés par toi-même, Connoîlront par ma mort qu'ils n'adorent en toi Que de fausses couleurs qui te peignent en roi. Hâte donc cette mort, elle t'est nécessaire; Car puisque enfin tu veux la vérité sincère, Tout ce qu'entre tes mains je forme de souhaits. C'est d'affranchir bientôt ces malheureux sujets. Crains-moi si je t'échappe: et sois sûr de ta perte Si par ton mauvais sort la prison m'est ouverte. Mon peuple aura des yeux pour connoître son roi, Et mettra différence entre un tyran et moi : Il n'a point de fureur que soudain je n'excite. Voilà dedans tes fers l'espoir de Pertharite; Voilà des vérités qu'il ne peut déguiser. Et l'aveu qu'il te faut pour te désabuser.

RODELIXDE.

Veux-tu pour t'éclaircir de plus illustres marques? Veux-tu mieux voir le sang de nos premiers monarques? Ce grand cœur....

GRIMOALD

Oui, madame, il est fort bien instruit A montrer de l'orgueil et fourber à grand bruit. Mais si par son aveu la fourbe reconnue Ne détrompe aujourd'hui la populace émue. Qu'il prépare sa tète, et vous-même en ce lieu Ne pensez qu'à lui dire un éternel adieu.

Laissons-les seuls, Unulphe, et demeure à la porte; Qu'avant que je l'ordonne aucun n'entre ni sorte.

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