‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 287 sur 343 · SCÈNE II. — GRIMOALD, ÉDUIGE, UNULPHE · texte numérisé non relu

SCÈNE II. — GRIMOALD, ÉDUIGE, UNULPHE

GRIMOALD

Que voulez-vous enfin, madame, que j'espère? Qu'ordonnez-vous de moi?

ÉDUIGE.

Que fais-tu de mon frère?

Qu'ordonnes-tu de lui? prononce ton arrêt.

GRIMO.^LD.

Toujours d'un imposteur prendrez-vous l'intérêt?

ÉDUIGE.

"Veux-tu suivre toujours le conseil tyrannique D'un traître qui te livre à la haine publique?

GRIMOALD

Qu'en faveur de ce fourbe à tort vous m'accusez F Je vous offre sa grâce , et vous la refusez 1

ÉDUIGE.

Cette offre est un supplice aux princes qu'on opprima Il ne faut point de grâce à qui se voit sans crime; El tes yeux, malgré toi, ne te font que trop voir Que c'est à lui d'en faire , et non d'en recevoir. Ne t'obstifxe donc plus à t'aveugîer toi-même : 5ûis tel que je t'aimois, si tu veux que je t'aime; Sois tel que tu parus quand tu conquis Milan : J'aime encor son vainqueur, mais non pas son tyran. Rends-toi cette vertu pleine, haute, sincère.

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