SCÈNE II. — GRIMOALD, ÉDUIGE, UNULPHE
GRIMOALD
Que voulez-vous enfin, madame, que j'espère? Qu'ordonnez-vous de moi?
ÉDUIGE.
Que fais-tu de mon frère?
Qu'ordonnes-tu de lui? prononce ton arrêt.
GRIMO.^LD.
Toujours d'un imposteur prendrez-vous l'intérêt?
ÉDUIGE.
"Veux-tu suivre toujours le conseil tyrannique D'un traître qui te livre à la haine publique?
GRIMOALD
Qu'en faveur de ce fourbe à tort vous m'accusez F Je vous offre sa grâce , et vous la refusez 1
ÉDUIGE.
Cette offre est un supplice aux princes qu'on opprima Il ne faut point de grâce à qui se voit sans crime; El tes yeux, malgré toi, ne te font que trop voir Que c'est à lui d'en faire , et non d'en recevoir. Ne t'obstifxe donc plus à t'aveugîer toi-même : 5ûis tel que je t'aimois, si tu veux que je t'aime; Sois tel que tu parus quand tu conquis Milan : J'aime encor son vainqueur, mais non pas son tyran. Rends-toi cette vertu pleine, haute, sincère.