SC£NE VI. — ANTI0CHU
Que je serois heureux si je n'aimois un frère!
Lorsqu'il ne veut pas voir le mal qu'il se veut faire,
Mon amitié s'oppose à son aveuglement :
Elle agira pour vous., mon frère , également ,
Et n'abusera point de cette violence
Que l'indignation fait à votre espérance,
La pesanteur du coup souvent nous étourdit :
On le croit repoussé quand il s'approfondit;
Et, quoi qu'un juste orgueil sur l'heure persuade,
Qui ne sent point son mal est d'autant plus malade;
Ces ombres de santé cachent mille poisons,
Et la mort suit de près ces fausses guérisons.
Daignent les justes dieux rendre vain ce présage f
Cependant allons voir si nous vaincrons l'orage,
Et si, contre l'effort d'un si puissant courroux,
La nature et l'amour voudront parler pour nous.