SCÈNE IV. — GRLMOALD, RODELINDE, ÊDUIGL
UNULPHE, UN SOLDAT.
LE SOLDAT
Vous avertir, seigneuT*, D'un grand malheur ensemble et d'un rare bonheur. Garibalde n'est plus, et l'imposteur infâme Qui tranche ici du roi lui vient d'arracher l'âme; Mais ce même imposteur est en votre pouvoir.
GRIMOALD
Que dis-tu, malheureux?
LE SOLDAT
Ce que vous allez voir.
GRIMOALD
0 ciel! en quel état ma fortune est réduite.
S'il ne m'est pas permis de jouir de sa fuite!
Faut-il que de nouveau mon cœur embarrassé
Ne puisse.... Mais dis-nous comment tout s'est passé,
LE SOLDAT
Le duc, ayant appris quelles intelligences Déroboient un tel fourbe à vos justes vengeances, L'attendoit à main-forte, et, lui fermant le pas : a A lui seul, nous dit-il; mais ne le blessons pas. Réservons tout son sang aux rigueurs des supplices, Et laissons par pitié fuir ses lâches complices. » Ceux qui le conduisoient, du grand nombre étonnés, Et par mes compagnons soudain environnés, Acceptent la plupart ce qu'on leur facilite, Et s'écartent sans bruit de ce faux Pertharite. Lui, que l'ordre reçu nous forçoit d'épargner Jusqu'à baisser l'épée et le trop dédaigner. S'ouvre en son désespoir parmi nous un passage, Jusque sur notre chef pousse toute sa rage. Et lui plonge trois fois un poignard dans le sein Avant qu'aucun de nous ait pu voir son dessein. Nos bras étoient levés pour l'en punir sur l'heure, Mais le duc par nos mains ne consent pas qu'il meur^, Et son dernier soupir est un ordre nouveau De garder tout son sang à celle d'un bourreau. Ainsi ce fug.tif retombe dans sa chaîne, Et vous pouvez, seigneur, ordonner de sa peine : La voici.
3iO PERTHARiiCi.
Quel combat pour la seconde fois!