EXAMEN DE PERTHARITE
Le succès de cette tragédie a été si malheureux, que, pour m'epargner le chagrin de m'en souvenir, je n'en dirai presque rien. Le sujet est écrit par Paul D;acre, aux quatrième et cinquième livres des Gestes des Lombards; et. depuis lui. par Erycius Puteanus, au second livre de son Histoire des invasions de ritalie par les barbares. Ce qui l'a fait avorter au théâtre a été l'événement extraordinaire qui me Tavoit fait choisir : on n'y a pu supporter qu'un roi dépouillé de son royaume , après avoir fait tout son possible pour y rentrer, se voyant sans forces et sans amis, en cède à son vainqueur les droits'inutiles, afin de retirer sa femme prisonnière de ses mains; tant les vertus de bon mari sont peu à la mode ! On n'y a pas aimé la surprise avec laquelle Perlharlle se présente au troisième acte, quoique le bruit de son retour soit épandu dès le premier, ni que Grimo3ld reporte toutes ses affections à Éduige , sitôt qu'il a reconnu que la vie de Perdiarite , qullavoit cru mort jusque-là, le mettoit dans l'impossibilité de réussir auprès de Rodelinde. J'ai parlé ailleurs de l'inégalité de l'emploi des personnages, qijc donne à Rodelinde le premier rang dans les trois premiers actes, et la réduit au second ou au troisième dans les deux derniers, rajoute ici, maigre sa disgrâce, que lessentimens en sont assez vifs et nobles, les vers assez bien tournés, et que la façon dont le sujet s'explique dans la prerlxiere scène ne manque pas d'ar-