‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 64 sur 343 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

Sans qu'autres que les deux qui vous parloient là-bas De tout ce quelle a fait sachent plus que Phocas. Vous venez de savoir se que vous vouliez d'elle; C'est à vous de répondre à son généreux zèle. Le peuple est mutiné, nos amis assemblés, Le tyran effrayé, ses confidens troublés. Donnez l'aveu du prince à sa mort qu'on apprête, Et ne dédaignez pas d'ordonner de sa tête.

MARTIAN

Surpris des nouveautés d'un tel événement, Je demeure à vos yeux muet d'étonnement.

Je sais ce que je dois , madame , au grand service Dont vous avez sauvé l'héritier de Maurice. Je croyois, comme fils, devoir tout à vos soins. Et je vous dois bien plus lorsque je vous suis moins; Mais, pour vous expliquer toute ma gratitude. Mon âme a trop de trouble et trop d'inquiétude. J'aimois, vous le savez, et mon cœur enflammé Trouve enfin une sœur dedans l'objet aimé. Je perds une maîtresse en gagnant un empire : Mon amour en murmure , et mon cœur en soupire ; Et de mille pensers mon esprit agité Paroît enseveli dans la stupidité. Il est temps d'en sortir, l'honneur nous le commande. Il faut donner un chef à votre illustre bande : Allez, brave Exupère , allez, je vous rejoins; Souffrez que je lui parle un moment sans témoins. Disposez cependant vos amis à bien faire; Surtout sauvons le fils en immolant le père : Il n'eut rien du tyran qu'un peu de mauvais sang , Dont la dernière guerre a trop purgé son flanc.

EXUPÈRE

Nous VOUS rendrons, seigneur, entière obéissance, Et vcus allons attendre avec impatience.

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