‹ Œuvres complètes de P. CorneilleChapitre 70 sur 343 · ACTE m, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE I

Que l'on peut vous trahir, qu'il peut vous résister,

Si vous y succombez , pourrai-je me dédire

D'avoir porté chez lui les titres de l'empire?

Ah ! combien ces momens de quoi vous me flattez

Alors pour mon supplice auroient d'éternités !

Votre haine voit peu l'erreur de sa tendresse :

Comme elle vient de naître . elle n'est que foiblesse :

La mienne a plus de force, et les yeux mieux ouverts;

Et , se dût avec moi perdre tout l'univers .

Jamais un seul moment, quoi que l'on puisse faire,

Le tyran n'aura droit de me traiter de père.

Je ne refuse au fils ni mon cœur ni ma foi :

'Vous l'aimez, je l'estime, il est digne de moi :

Tout son crime est un père à qui le sang l'attache;

Quand il n'en aura plus . il n'aura plus de tache :

Et cette mort, propice à former ces beaux nœuds,

Purifiant l'objet, justifiera mes feux.

Allez donc préparer cette heureuse journée, Et du sang du tyran signez cet hyménée. Mais quel mauvais démon devers nous le conduit ?

MARTIAN

Je suis trahi , madame , Exupère le suit.

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