ACTE V, SCE?N^E VU
{A Pulchérie, lui donnant un billet.) Vous coimoissez sa main, madame; et c'est à vous Que je remets le sort d'un frère et d'un époux. ■Voyez ce qu'en mourant me laissa votre mère
PULCHÉRIE
J'en baise en soupirant le sacré caractère.
LÉONTINE
Apprenez d'elle enfin quel sang vous a produits, Princes.
HÉRACLius, à Eudoxe.
Qui que je sois, c"est à vous que je suis. PULCHÉRIE lit le billet de Constxntine.
Parmi tant de malheurs mon bonheur est étrange : Après avoir donné son fils au lieu du mien, Léontine à mes yeux , par un second échange, Donne encore à Phocas mon fils au lieu du sien. Vous qui pourrez douter d'un si rare service, Sachez qu'elle a deux fois trompé noire tyran: Celui qu'on croit Léonce est le vrai Martian, Et le faux Marlian est vrai fils de Maurice.
C0>-3TANTINB.
PULCHÉRIE, à Uéraclius.
Ah! vous êtes mon frère!
HÉRACLius , à Pulchérie.
Et c'est heureusement Que le trouble éclairci vous rend à votre amant.
LÉONTINE . à Héraclius. Vous en saviez assez pour éviter l'inceste, Et non pas pour vous rendre un tel secret funeste. •
(A Martian.) Mais pardonnez, seigneur, à mon zèle parfait Ce que j'ai voulu faire , et ce qu'un autre a fait.
MARTIAN
Je ne m'oppose point à la commune joie; Mais souffrez des soupirs que la nature envoie. Quoique jamais Phocas n'ait mérité d'amour, Un fils ne peut moins rendre à qui l'a mis au jour : Ce n'est pas tout d'un coup qu'à ce titre on renonce
HÉRACLIUS
Donc, pour mieux l'oublier, soyez encor Léonce; Sous ce nom glorieux :;imez ses ennemis. Et meure du tyran jusqu'au nom de son fils!
{A Eudoxe.) Vous , madame , acceptez et ma main et l'empire En échange d'un cœur pour qui le mien soupire.
EUDOXE , à Héraclius.
Seigneur, vous agissez en prince généreux.
CORXETLLE IH P
1 1 4 HÉRACLIUS
HÉRACLius, à Exupère et Amintas.
Et vous dont la vertu me rend ce trouble heureax, Attendant les effets de ma reconnoissance , Reconnoissons, amis, la céleste puissance; Allons lui rendre hommage, et, d'un esprit content, entrer Héraclius au peuple qui l'attend.