‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 12 sur 77 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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2. La diplomatie des princes de l'Europe au wi" siècle, par Armand Baschet (Paris, Pion, 1862, in-8"), p. 431.

l'ay peur d'ejire acciifc de la pojïeritc, Oui tant oyra parler de vojlre Deitè, Deqiioy, moy la voyant, ie ne l'aiiray louée.

Ailleurs, faisant allusion à l'emblème du croissant qui lui était consacré, il écrit (VI, 339) :

Ainji nojlre Soleil, vous ornant de fes rais. Vous fait par tout verfer vn Ion heur en la France, Fors fur moy, qui ne fens encores l'abondance Que de fus vn chacun rependent vos beaux frais.

Ne réussissant point directement, il cherche des intermédiaires, et prie Olivier de Magny de s'adresser à leur ami commun, d'Avanson, conseiller d'État et ambassadeur à Rome, pour obtenir d'elle « quelque faueur » ; en revanche il promet de le peindre comme un nouveau Phœbus (VI, 342):

Des Mufes conduifant la nenuaine celefe.

Ce changement de conduite si complet n'avait rien qui étonnât la cohorte des poètes faméliques du temps, mais elle affligeait les amis sérieux de Ronsard. Estienne Pasquier, lui parlant dans une lettre de 1 5 5 5 de la foison « d'efcrivaffeurs « qui a surgi à sa suite, constate qu'ils ne font que donner plus de lustre à ses écrits : « Lefquels, pour vous dire en amy, je trouve très-beaux lors qu'avez feulement voulu contenter voftre efprit : mais quand par une fervitude à demy courtifane eftes forty de vous mefmes pour eftudier au contentement, tantofl des grands, tantoft de la populace, je ne les trouve de tel alloy... » Puis, répondant à un passage d'une de ses lettres qui ne nous est pas parvenue, c'est en ces termes, dignes d'Alceste, qu'il lui rend grâce de l'avoir nommé dans ses vers : « Quant à ce que me mandez, qu'en quelques endroits de vos œuvres, vous elles fouvenu de moy, je vous en remercie, comme celuy qui ne fera iamais marry que l'on fçache à l'advenir que Ronfard & Pafquier furent de leurs vivans amis. Mais en vous remerciant, je fou-

liaitterois que ne fiffiez fi bon marché de voftre plume à hault-louër quelques-uns que nous fçavons notoirement n'en eftre dignes. Car en ce faifant, vous faides tort aux gens d'honneur. Je fçay bien que vous me direz qu'eftes contraint par leurs importunitez, de ce faire, ores que n'en ayez envie. Je le croy : mais la plume d'un bon Poëte, n'eft pas telle que l'aureille d'un Juge, qui doit donner de meime balance, audience au mauvais, tout ainfi qu'au bon. Car quant à la plume du Poëte, elle doit eftre feulement vouée à la célébration de ceux qui le méritent K »

Nous ne savons si Ronsard répondit à Pasquier. S'il le fit, ses dénégations ne durent pas être très vives, car il a luimême fait peu après au cardinal de Châtillon, non sans quelque exagération et beaucoup d'amertume, des aveux d'une nature analogue (V, 148] :

Lors i'appris le chemin d'aller fonuent au Loiiure :

Contre mon naturel i'appris de vie tronucr

Et à vojlre coucher & à vojlre leiier,

A me tenir debout dejfus la terre dure,

A future vos talons, à forcer ma nature :

Et bref en moins d'vn an ie deuins tout changé.

[Un épisode d'ordre sentimental, qui se place en 1555, le changea bien davantage, ou plutôt acheva de transformer sa manière et son style dans le sens de la clarté et de la simplicité marotiques, auxquelles il tendait depuis sa réconciliation avec Mellin de Saint-Gelais. Lui-même en fait l'aveu dès cette année-là (I, 185) :

Marie, tout ainfi que vous m'aue^ tourné

Ma raifon qui de libre ejl maintenant feruilc, Ainfi m'auex, tourné mon graue premier Jlile, Oui pour chanter f bas n'cjloit point ordonné...

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