‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 14 sur 77 · I. Cf. pour ce nom et l'épisode notre t. VII, p · texte numérisé non relu

I. Cf. pour ce nom et l'épisode notre t. VII, p

Il s'était pourtant flatte encore au début de 1554, dans V Elégie à CaJJandre, d'être le Pétrarque français \ Mais dès la fin de cette même année il était résolu à ne plus imiter, ou à imiter beaucoup moins, le chantre de Laure, parce que son tempérament de naturiste se conciliait malaisément avec le mysticisme de son modèle, et que cent fois déjà ce tempérament s'était trahi dans ses œuvres, faisant craquer de toutes parts le cadre de convention où il se trouvait comprimé. Soudain, encouragé peut-être par une satire du pétrarquisme que Du Bellay avait publiée en 1553 ^, il avait jeté ce cri du cœur (VI, 227) :

le veux aymcr ardenteuient,

Aujji veus-ie qii'egallement

On m'ayvie d'vne amour ardcnlc...

Les amans Ji frais en cjlc.

Admirateurs de chajîetc,

Et qui morfondus petrarquifeut.

Sont toniours fots...

Quelques mois plus tard, ayant rencontré Marie, il abandonnait le « flyle braue & haut », où l'avait guindé « le bel œil de fa belle CafTandre », et en 1556, s'adressant au livre où triomphait sa nouvelle manière : Si une lectrice, dit-il, me blâme de n'avoir pas montré à l'égard de Cassandre la même constance que « le bon Pétrarque « à l'égard de « fa Laurette »,

Rejpons-luy ie te pri', que Pétrarque fur mov N'a liait anthoritc de me donner fa lay...

Si Cassandre, ajoutait-il, se fût montrée tendre envers moi, je ne l'eusse pas laissée.

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