‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 17 sur 77 · Voir t. VIII, p. 67, note du Di/conrs · texte numérisé non relu

Voir t. VIII, p. 67, note du Di/conrs

A la mort de ce prince, sa fille, devenue, à l'âge de sept jours, reine d'Ecosse, et arrachée à grand'peine à la rage de ses ennemis par sa mère, Marie de Lorraine, seconde femme de Jacques, avait été amenée en France. A son aspect, le poète s'était senti envahir par le souvenir de ce pays d'Ecosse où sa vocation s'était révélée. Aussi quand il apostrophe la Fortune, si dure envers cette princesse, on découvre, sous la banalité de cette indignation convenue, des traces d'une pitié véritable (V, i8) :

Premieronent tu l'as dés la mammelle AJftiiettie à porter le malheur. Lors que fa mère atteinte de douleur.

Dans fou giron, craignant l'armée Angloifc, L'alloit cachant par la terre Efcojfoife.

A peine ejloit fortie hors du berceau, Que tu la mis en mer fus vu vaiffcau, Abandonnant le lieu de fa naiffance.

Sceptre, & parens, pour demeurer en France '.

Peu à peu on la vit croître en intelligence et en beauté. « Tant qu'elle a efté en France, dit Brantôme, elle fe referuoit toufiours deux heures du iour pour eftudier ^' lire : auffi il n'y auoit guieres de fciences humaines qu'elle n'en difcourut bien. Surtout elle aimoit la poëfie & les poètes, mais fur tous M. de Ronfard, M. du Belay, & M. de Maifonfleur, qui ont fait de belles poëfies & élégies pour elle ^ . » Il semblerait que plusieurs de ces vers dont parle Brantôme auraient dû être consacrés à célébrer l'avènement de Marie

1. Ces vers sont extraits d'une élégie composée eu août 1561, au moment où Marie Stuart revint eu Ecosse. Auparavant elle avait inspiré à Ronsard une ode en 1556, un sonnet en 1560 (VI, 306 et 3 57 et notes) et de beaux vers qu'on trouvera dans l'Hymne du Cardinal de Lorraine de 1559 (IV, 243-244 et note). Voir encore le Chant de lieffe de 1559 (VI, 313). — P. L.

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