‹ Œuvres complètes de P. de RonsardChapitre 18 sur 77 · Mémoires, éd. L.alanne. VII · texte numérisé non relu

Mémoires, éd. L.alanne. VII

Stuart au trône de France, mais la mort tragique d'Henri 1 1 avait plongé la Cour dans la consternation. Le sacre de François II, qui se fit le i8 septembre, fut célébré sans grande pompe ', et les troubles continuels qui eurent lieu pendant ce règne si court ne laissaient guère de place aux divertissements et à la poésie. Cependant, quand, en 1560, Ronsard adresse ati Roy François II la Préface de la première édition du Liîire de Meflanges contenant fix vingt^ chanfons, des plus rares (VII, 16), il est bien évident que ce n'est pas seulement ce prince qu'il a en vue, mais plutôt encore la reine, qui, comme le remarque Brantôme, « chantoit très bien, accordant fa voix auec le luth, qu'elle touchoit bien ioliment de cefte belle main blanche & de ces beaux doigtz fi bien façonnez, qui ne deuoient rien à ceux de l'Aurore- ».

Ce ne fut guère qu'après la mort de François II, et surtout sept mois plus tard, lorsqu'en août 1561 elle partit pour l'Ecosse, que Ronsard célébra dignement cette reine.

Il nous peint le départ de Marie Stuart comme un deuil pour la Cour et pour les Muses (V, 4) :

Le ioiir que vojlre voile aux Zéphyrs Je courba, El de nos yeux pleurans les vojîres defroba, Ce iour, la niefiiie voile emporta loin de France Les Mu/es qui fonloyent y faire demeurance.

Il lui adresse un recueil de ses vers, espérant qu'elle se souviendra de lui ( V , 1 5 ) :

Elle courloife, ô Hure glorieux, Te receuanl d'vn vi/age ioyeux, Et te tendanl la main de bonne forte, Te dcuiaud'ra comme Ronfard fe porte,

1, Journal de Pierre Bruslart, chanoine de Notre-Dame de Paris, en tête des Mémoires de Coudé, p. 4 (éd. de 1743, Paris, RoUin, in-4°). — P. L.

Page 1